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43 globicéphales meurent sur la côte rocheuse de Nouvelle-Zélande : secouristes, Maoris et écoliers du village voisin les ont arrosés toute la journée, mais aucun n'a pu être sauvé

Le 5 novembre, des dizaines de globicéphales se sont échoués sur la côte de Ngawi, au sud de l'île du Nord de la Nouvelle-Zélande. Secouristes, Maoris, bénévoles et même élèves d'une école rurale ont tenté de remettre les cétacés à la mer, mais le soir venu les 43 étaient morts. L'isolement du site, une forte houle et des rochers acérés ont entravé les secours. Voici ce que l'on sait, pourquoi les globicéphales s'échouent et que faire si vous trouvez une baleine ou un dauphin sur une plage.

9 min de lecture
Baleines dans une mer bleue vues d'en haut
Photo: Freepik
Sommaire
  1. Ce qui s'est passé
  2. Comment on a tenté de les sauver
  3. Pourquoi c'était si difficile
  4. Des écoliers sur la plage
  5. Combien de personnes ont aidé
  6. Ce que deviendront les corps
  7. Qui sont les globicéphales
  8. Pourquoi les globicéphales s'échouent
  9. Pourquoi des groupes entiers meurent
  10. Est-ce fréquent en Nouvelle-Zélande
  11. Ce que les scientifiques vont chercher
  12. Comment aider un cétacé échoué
  13. Pourquoi il ne faut pas le tirer par la queue
  14. Pourquoi l'euthanasie est parfois nécessaire
  15. Les échouages en Europe
  16. Pourquoi le bruit sous-marin est dangereux
  17. Comment le changement climatique influe sur les cétacés
  18. Que faire si vous trouvez une baleine ou un dauphin
  19. Les cétacés sont-ils dangereux pour l'homme
  20. Les chiens et les animaux échoués
  21. Pourquoi c'est important
  22. Ce que cela signifie pour l'Europe
  23. Quand consulter un vétérinaire

Ce qui s'est passé

Le matin du 5 novembre 2026, peu après 8 heures, le département néo-zélandais de la Conservation (DOC) a été alerté d'un échouage massif de cétacés sur la côte de Ngawi. Il s'agit d'un littoral rocheux et isolé à la pointe sud-est de l'île du Nord, dans la région de Wairarapa. Des dizaines de globicéphales gisaient sur le rivage, sur plusieurs kilomètres.

Le lendemain, le département a confirmé la mort de 43 cétacés. Selon Ariana Hawira, responsable par intérim du DOC pour Wairarapa, aucun d'entre eux n'aurait survécu.

Les chiffres clésLes globicéphales de Ngawi
43globicéphales mortsselon le département de la conservation
40–50cétacés échoués sur le rivageestimation des secouristes
4animaux trouvés vivantstous morts avant le soir
5 000échouages de baleines et dauphins depuis 1840statistiques du DOC

DOC ; 6 novembre 2026

Comment on a tenté de les sauver

Les agents du département, des représentants des tribus maories locales (iwi) et des bénévoles ont essayé toute la journée d'aider les globicéphales. L'association de secours Project Jonah a écrit que beaucoup étaient déjà morts quand on les a trouvés, et que ceux découverts vivants ont succombé au fil de la journée. Selon sa responsable Louisa Hawkes, deux des quatre cétacés vivants ont pu être remis à l'eau, mais ils n'ont pas survécu non plus.

Pourquoi c'était si difficile

Les secours ont été gênés par l'isolement du site, la puissance de la houle et les rochers acérés de la zone de marnage. Les globicéphales sont de grands animaux : projetés contre les rochers, ils se sont gravement blessés. Après la remise à l'eau du premier animal, les secouristes ont dû sortir de la mer un moment, car il y avait trop de sang dans l'eau. Les témoins décrivent un moment d'impuissance totale.

Des écoliers sur la plage

L'école rurale de Pirinoa a libéré ses élèves pour qu'ils aident les secouristes. Des enfants de 8 à 12 ans ont rassemblé seaux et récipients pour arroser les cétacés et empêcher leur peau de sécher. Le directeur Toby Funnell a déclaré qu'il lui paraissait absurde de garder les enfants en classe un tel jour. Sur la plage, les enfants observaient le travail des équipes, qui leur expliquaient ce qui se passait.

Combien de personnes ont aidé

Selon Toby Funnell, une soixantaine de personnes se sont rassemblées sur la côte, prêtes à aider comme elles le pouvaient. Il a reconnu qu'il était difficile de voir ces animaux blessés, coincés sur les rochers. Beaucoup voulaient se jeter à l'eau pour agir, mais des globicéphales de plus de quatre mètres sont trop lourds et trop puissants pour des personnes non formées.

Ce que deviendront les corps

Le département travaille avec les iwi à l'inhumation des cétacés. Pour les Maoris, les baleines sont des taonga, des trésors sacrés : les animaux morts sont donc enterrés selon la tradition. Auparavant, des scientifiques peuvent prélever des tissus pour tenter de comprendre pourquoi les animaux se sont échoués.

Qui sont les globicéphales

Les globicéphales appartiennent à la famille des dauphins, même si on les appelle souvent baleines. Les adultes atteignent environ 7 mètres et pèsent jusqu'à 3 tonnes. Ils vivent en grands groupes très soudés, qui restent unis toute leur vie. Ils se nourrissent surtout de calmars et de poissons et plongent à grande profondeur.

Pourquoi les globicéphales s'échouent

Selon Ariana Hawira, les globicéphales font partie des espèces qui s'échouent le plus souvent, mais les causes ne sont pas entièrement comprises. Les scientifiques avancent plusieurs explications : des liens sociaux forts qui poussent tout le groupe à suivre un meneur malade ou désorienté, des hauts-fonds sableux en pente douce qui brouillent l'écholocalisation, les tempêtes, la poursuite par des prédateurs et le bruit des navires.

Pourquoi des groupes entiers meurent

Quand un individu du groupe s'échoue, les autres ne s'éloignent souvent pas : ils restent à proximité et s'échouent à leur tour. Même si les secouristes remettent une partie des animaux à l'eau, ceux-ci peuvent revenir s'échouer pour rejoindre leurs congénères. C'est pourquoi on essaie de les relâcher en même temps et de s'assurer qu'ils gagnent le large.

Est-ce fréquent en Nouvelle-Zélande

Les échouages massifs sont assez fréquents en Nouvelle-Zélande. Depuis 1840, plus de 5 000 échouages de baleines et de dauphins y ont été recensés. La flèche de Farewell Spit, sur l'île du Sud, est particulièrement connue : environ 600 globicéphales s'y sont échoués en 2017. Sur la côte de Ngawi, ces cas restent toutefois rares et, selon le DOC, rien n'indique que les échouages deviennent plus fréquents ou plus graves.

Ce que les scientifiques vont chercher

Louisa Hawkes a indiqué que des spécialistes allaient chercher à comprendre, dans les semaines à venir, pourquoi les cétacés étaient venus à terre. Sur la plage, il est très difficile d'en déterminer la cause. Les scientifiques étudieront l'âge et le sexe des animaux morts, leur état corporel, les signes de maladie et de blessure, ainsi que la météo et l'état de la mer ces jours-là.

Comment aider un cétacé échoué

L'essentiel pour un cétacé échoué est de rester humide et au frais. Les secouristes couvrent les animaux de draps mouillés, les arrosent en évitant l'évent, les maintiennent droits sur le ventre et creusent des cuvettes pour les nageoires pectorales. Un cétacé ne doit être remis à l'eau que sous la direction de spécialistes, généralement à l'aide de pontons spéciaux et à marée haute.

Pourquoi il ne faut pas le tirer par la queue

Un cétacé échoué subit une charge énorme : sans la poussée de l'eau, son propre poids écrase ses organes internes. Le tirer par la queue ou les nageoires peut abîmer sa colonne vertébrale et ses articulations. Les personnes non formées ne doivent donc pas tenter de le déplacer seules, mais aider les secouristes selon leurs consignes.

Pourquoi l'euthanasie est parfois nécessaire

Si un cétacé est grièvement blessé, épuisé ou s'est déjà échoué plusieurs fois, les secouristes et les vétérinaires peuvent décider de l'euthanasier pour abréger ses souffrances. C'est une décision difficile, mais parfois la seule humaine. Elle n'est prise que par des spécialistes après examen de l'animal.

Les échouages en Europe

Globicéphales et autres cétacés s'échouent aussi en Europe : au Royaume-Uni, en Irlande, en France, en Espagne, aux Pays-Bas et en Scandinavie. En France, les échouages sont suivis par le Réseau national échouages, coordonné par l'observatoire Pelagis de La Rochelle, qui examine les animaux morts. Au Royaume-Uni, le programme CSIP recherche les causes : maladies, captures dans les filets de pêche, pollution.

Pourquoi le bruit sous-marin est dangereux

Les scientifiques étudient depuis longtemps l'effet du bruit sous-marin des sonars militaires, des prospections sismiques et du trafic maritime sur les cétacés. Certains échouages massifs de baleines à bec ont été liés à des exercices de sonar. Pour les globicéphales, le lien avec le bruit n'est pas toujours prouvé, mais les chercheurs estiment que le bruit peut désorienter les animaux et provoquer du stress.

Comment le changement climatique influe sur les cétacés

Le réchauffement de l'océan modifie la répartition des calmars et des poissons dont se nourrissent les globicéphales. Pour trouver à manger, les cétacés peuvent se rapprocher des côtes et gagner des zones inhabituelles. Les scientifiques restent prudents sur le lien entre climat et échouages, mais jugent possible que ces changements influencent à l'avenir le comportement des mammifères marins.

Que faire si vous trouvez une baleine ou un dauphin

  1. Appelez immédiatement le réseau d'échouage local, les pompiers ou le CROSS en mer.
  2. Ne tirez pas l'animal par la queue ou les nageoires et n'essayez pas de le pousser à l'eau.
  3. Gardez sa peau humide en l'arrosant, sans verser d'eau dans l'évent.
  4. Éloignez les chiens et tenez les gens à distance pour ne pas effrayer l'animal.
  5. Ne touchez pas les animaux morts à mains nues : ils peuvent transmettre des infections.

Les cétacés sont-ils dangereux pour l'homme

Un cétacé échoué peut blesser quelqu'un d'un coup de queue ou de nageoire, surtout s'il se débat. Les mammifères marins peuvent aussi être porteurs de bactéries et de virus dangereux pour l'homme et le chien. Portez donc des gants, ne vous touchez pas le visage et lavez-vous les mains après avoir aidé un animal.

Les chiens et les animaux échoués

Les chiens sont souvent les premiers à découvrir sur la plage des dauphins, des phoques ou des oiseaux marins échoués. Tenez votre chien en laisse et ne le laissez pas renifler ou ronger les carcasses : elles peuvent porter des bactéries, des parasites et des virus, dont la grippe aviaire, détectée chez des mammifères marins. Lavez le museau et les pattes de votre chien après la promenade.

Pourquoi c'est important

Chaque échouage massif est une tragédie, mais aussi une source de connaissances. L'examen des cétacés morts aide à en savoir plus sur les maladies, la pollution et les changements de l'océan. C'est pourquoi secouristes et scientifiques demandent de signaler tout animal échoué, même mort.

Ce que cela signifie pour l'Europe

Globicéphales et autres cétacés s'échouent aussi sur les côtes européennes, en particulier en automne et en hiver, notamment sur la façade atlantique française. Si vous voyez une baleine, un dauphin ou un phoque sur une plage, n'essayez pas de le sauver vous-même et appelez aussitôt les secours. Tenez votre chien en laisse et ne touchez pas les carcasses : la grippe aviaire a été détectée chez des mammifères marins en Europe.

Quand consulter un vétérinaire

Emmenez votre chien chez le vétérinaire s'il a reniflé, rongé ou mangé la carcasse d'un animal marin ou d'un oiseau sur la plage, surtout s'il présente ensuite des vomissements, de la diarrhée, de l'abattement, une toux ou des troubles de la coordination. Si vous avez vous-même touché un animal mort et vous sentez mal, consultez un médecin.

Sources

  1. The Guardian, 6 novembre 2026
  2. RNZ, 6 novembre 2026
Thème: RechercheAnimaux: NACPays: Nouvelle-Zélande