Maladies

La grippe aviaire chez les vaches américaines s'étend de nouveau : premier troupeau laitier dans l'Indiana, et la génétique montre que le virus est arrivé dans l'État de Washington avec des vaches de

Le 5 novembre, un premier troupeau laitier touché par la grippe aviaire H5N1 a été signalé dans l'Indiana. Le virus a été détecté lors d'un contrôle de routine du lait et il s'agit du même variant B3.13 qui circule dans les élevages américains depuis 2024. La veille, le service vétérinaire APHIS a indiqué que le foyer de l'État de Washington provenait de vaches transférées depuis l'Idaho. Voici ce que l'on sait, si le lait est sûr, pourquoi les chats de ferme sont menacés et ce que cela signifie pour l'Europe.

10 min de lecture
Vaches laitières à l'auge dans une étable
Photo: Freepik
Sommaire
  1. Ce qui s'est passé
  2. Comment le virus a été trouvé dans l'Indiana
  3. Ce qui a été établi à Washington
  4. Pourquoi c'est important
  5. D'où vient le virus chez les vaches
  6. Combien de troupeaux à Washington
  7. Un décès dans le comté de Yakima
  8. Comment les vaches tombent malades
  9. Le lait est-il sûr
  10. Pourquoi le lait cru et l'alimentation crue sont dangereux pour les chats
  11. Comment la maladie se manifeste chez le chat
  12. Le virus est-il dangereux pour l'homme
  13. Comment se protègent les employés des fermes
  14. Ce que font les autorités
  15. Un vaccin pour les vaches
  16. Ce qui change pour les éleveurs
  17. Pourquoi le virus est si difficile à arrêter
  18. Et les volailles aux États-Unis
  19. Comment protéger votre chat
  20. Si vous avez des chèvres ou des vaches
  21. Les conséquences possibles sur le commerce
  22. Pourquoi l'Europe est concernée
  23. Ce que cela signifie pour l'Europe
  24. Quand consulter un vétérinaire

Ce qui s'est passé

Le 5 novembre 2026, les autorités de l'Indiana ont confirmé le premier cas de grippe aviaire H5N1 dans un troupeau laitier de l'État. Le virus a été trouvé dans le cadre du programme national de surveillance du lait, donc non pas sur signalement de l'éleveur, mais lors d'un prélèvement de routine. Le séquençage a révélé le variant B3.13, le même qui se propage dans les élevages laitiers américains depuis le printemps 2024.

Depuis mars 2024, le virus a été détecté dans des troupeaux laitiers de 21 États. Chaque nouveau troupeau signifie une quarantaine, des restrictions de mouvements de vaches et des contrôles supplémentaires des exploitations voisines.

Les chiffres clésLa grippe aviaire chez les vaches américaines
21États avec des troupeaux laitiers infectésdepuis mars 2024
B3.13variant du virus dans l'Indianale principal chez les vaches américaines
2troupeaux de Washington positifs le 8 octobreles tests de lait précédents étaient négatifs
2023année du premier passage des oiseaux aux vachesfin d'année, nord du Texas

APHIS et autorités des États ; novembre 2026

Comment le virus a été trouvé dans l'Indiana

Le programme national de surveillance du lait fonctionne depuis fin 2024. Des échantillons sont prélevés dans les camions-citernes et les laiteries, et en cas de résultat positif, les exploitations sont contrôlées une par une. On repère ainsi des troupeaux infectés même lorsque les vaches semblent à peine malades. Dans l'Indiana, cela a fonctionné : le troupeau a été détecté avant que le virus ait le temps de gagner les fermes voisines.

Ce qui a été établi à Washington

Le 4 novembre, le service de santé animale et végétale APHIS a publié les résultats du séquençage complet du virus prélevé dans des troupeaux de l'État de Washington. Les séquences correspondent à celles de virus de l'Idaho, ce qui concorde avec l'hypothèse d'une infection introduite par des vaches transférées entre États. Deux troupeaux de Washington ont été testés positifs le 8 octobre, alors que leur lait avait auparavant été testé négatif.

Pourquoi c'est important

La conclusion de l'APHIS montre une fois de plus que le H5N1 se propage entre élevages surtout par les mouvements de bovins, le matériel et les personnes, et non par les oiseaux sauvages. Le virus peut donc être stoppé par des tests stricts avant les transferts et par la biosécurité dans les exploitations. Les autorités rappellent que les vaches doivent être testées avant tout transfert entre États.

D'où vient le virus chez les vaches

Selon l'APHIS, le variant B3.13 est passé pour la première fois des oiseaux aux vaches fin 2023 dans le nord du Texas. Il s'est ensuite propagé d'un élevage à l'autre. Les scientifiques ont aussi identifié plusieurs cas distincts où des vaches ont contracté un autre variant, le D1.1, directement auprès d'oiseaux, au Nevada, en Arizona et dans le Wisconsin.

Combien de troupeaux à Washington

Selon les médias locaux, le virus a été trouvé cet automne dans une quarantaine de troupeaux laitiers de l'État de Washington. Pour un État qui n'avait presque pas connu de cas chez les vaches, c'est un foyer important. Les éleveurs se plaignent de pertes de lait et de restrictions sur la vente de bétail.

Un décès dans le comté de Yakima

Le foyer de Washington a suscité une attention particulière après la mort, dans le comté de Yakima, d'une personne infectée par la grippe aviaire au contact de vaches malades. C'est le troisième cas humain de H5N1 dans ce comté. Les autorités testent les employés des fermes et les personnes en contact avec les malades, mais publient peu de données sur le nombre de travailleurs dépistés.

Comment les vaches tombent malades

Chez la vache, le H5N1 provoque le plus souvent une baisse de la production laitière, un lait épais et jaunâtre, une perte d'appétit et de l'abattement. Certains animaux ont de la fièvre, d'autres développent une mammite. La plupart des vaches guérissent en quelques semaines, mais pour l'exploitation cela représente une perte de lait et de revenus. La mortalité est faible, mais dans les troupeaux très touchés une partie des vaches doit être réformée.

Le lait est-il sûr

Oui. La pasteurisation détruit le virus, donc le lait et les produits laitiers du commerce sont sûrs. Le lait des vaches malades n'est pas commercialisé. Le danger vient du lait cru, non pasteurisé : le virus y survit, et les personnes qui en boivent risquent d'être infectées.

Pourquoi le lait cru et l'alimentation crue sont dangereux pour les chats

Les chats sont très sensibles au H5N1. En 2024, des chats sont morts dans des élevages laitiers américains après avoir bu le lait cru de vaches infectées. Plus tard, des chats de compagnie nourris avec des aliments crus à base de volaille et du lait cru sont tombés malades, et plusieurs lots de ces aliments ont été rappelés. Chez le chat, le virus atteint le cerveau et les poumons et il est souvent mortel.

Comment la maladie se manifeste chez le chat

Les signes du H5N1 apparaissent vite chez le chat : forte fièvre, abattement, refus de s'alimenter, écoulements des yeux et du nez, difficultés respiratoires. Des troubles neurologiques peuvent suivre : démarche titubante, tourner en rond, convulsions, cécité. Si un chat vit dans une ferme ou mange une alimentation crue et présente ces signes, il doit voir un vétérinaire immédiatement.

Le virus est-il dangereux pour l'homme

Pour la plupart des gens, le risque est faible. Aux États-Unis, ce sont surtout des employés de fermes en contact avec des vaches ou des volailles malades qui ont été infectés. La maladie était le plus souvent bénigne, avec une conjonctivite et des symptômes de rhume. Les scientifiques surveillent toutefois le virus de près : plus il circule entre mammifères, plus le risque de mutations facilitant l'infection humaine augmente.

Comment se protègent les employés des fermes

Il est conseillé aux employés des fermes touchées de porter des lunettes de protection, un masque, des gants et une tenue de travail, en particulier dans les salles de traite, où des éclaboussures de lait peuvent atteindre les yeux. En cas d'yeux rouges, de fièvre ou de toux après avoir travaillé avec des vaches, il faut consulter un médecin et préciser que l'on travaille dans une ferme.

Ce que font les autorités

Les autorités des États placent les fermes infectées en quarantaine, interdisent les mouvements de vaches sans test, surveillent les exploitations voisines et continuent d'analyser le lait. Le programme fédéral de surveillance du lait permet de repérer rapidement de nouveaux troupeaux. Dans certains États, les éleveurs sont indemnisés pour le lait perdu.

Un vaccin pour les vaches

Des vaccins contre le H5N1 destinés aux vaches sont développés et testés aux États-Unis, mais ils ne sont pas encore utilisés à grande échelle. La raison n'est pas seulement scientifique, mais aussi commerciale : la vaccination pourrait compliquer les exportations de produits laitiers et de viande bovine. La protection repose donc sur les tests, la limitation des mouvements et la biosécurité.

Ce qui change pour les éleveurs

Pour les élevages laitiers, le virus impose de nouvelles règles : tester les vaches avant tout transfert, limiter les visites, désinfecter le matériel, isoler les vaches malades, tenir à l'écart les oiseaux sauvages et les chats errants et surveiller la production laitière. Les éleveurs qui constatent une baisse de production et un lait modifié doivent prévenir leur vétérinaire sans attendre.

Pourquoi le virus est si difficile à arrêter

Chez la vache, le H5N1 se transmet surtout par le lait : le virus est excrété en grande quantité par la mamelle et reste sur le matériel de traite et les mains des employés. Si une exploitation achète de nouvelles vaches ou partage du matériel avec ses voisins, le virus se déplace facilement. Chaque nouveau troupeau exige donc une enquête minutieuse sur l'origine de l'infection.

Et les volailles aux États-Unis

À l'automne, les foyers de grippe aviaire dans les élevages de volailles américains se multiplient de nouveau avec la migration des oiseaux sauvages vers le sud. Cela augmente aussi le risque pour les élevages laitiers situés près de poulaillers et de plans d'eau. Les vétérinaires conseillent de protéger l'alimentation et l'eau des oiseaux pour ne pas ouvrir de nouvelles voies au virus.

Comment protéger votre chat

  1. Ne donnez pas de lait cru ni de volaille crue à votre chat.
  2. Choisissez des aliments traités par la chaleur.
  3. Éloignez votre chat des fermes et des oiseaux morts.
  4. Suivez les rappels d'aliments pour animaux dans votre pays.
  5. Consultez immédiatement en cas d'abattement soudain, de fièvre ou de convulsions.

Si vous avez des chèvres ou des vaches

Les propriétaires de petites exploitations doivent aussi être vigilants. Le H5N1 a été trouvé non seulement chez des vaches laitières, mais aussi chez des chèvres dans un élevage américain. Ne buvez pas de lait cru, évitez tout contact de vos animaux avec les oiseaux sauvages, lavez-vous les mains après la traite et signalez à votre vétérinaire toute forte baisse de production.

Les conséquences possibles sur le commerce

Chaque nouveau troupeau infecté complique les exportations américaines de produits laitiers et de bovins vivants. Certains pays exigent des garanties ou des tests supplémentaires. Pour l'Europe, c'est une raison de surveiller attentivement les importations de bétail et de produits venant des États-Unis et de maintenir sa propre surveillance.

Pourquoi l'Europe est concernée

En Europe, le H5N1 n'a pas encore été détecté chez les vaches, mais la grippe aviaire est très répandue chez les oiseaux sauvages et les volailles. L'Autorité européenne de sécurité des aliments a déjà recommandé aux pays de renforcer la surveillance des bovins laitiers. Aux Pays-Bas, des anticorps contre le virus ont été trouvés chez une vache en 2025, ce qui a montré l'importance de ces contrôles.

Ce que cela signifie pour l'Europe

L'expérience américaine montre que la grippe aviaire chez les vaches se propage vite avec les mouvements de bétail et que les contrôles de routine du lait aident à la détecter. Les éleveurs européens ont intérêt à protéger l'alimentation et l'eau des oiseaux sauvages, et les propriétaires de chats à ne pas leur donner de lait cru ni de volaille crue, surtout pendant la saison de la grippe aviaire.

Quand consulter un vétérinaire

Emmenez immédiatement votre chat chez le vétérinaire s'il devient soudain abattu, a de la fièvre, ne mange plus, respire difficilement, titube ou fait des convulsions, surtout s'il a bu du lait cru, mangé de la volaille crue ou chassé des oiseaux. Les éleveurs doivent appeler leur vétérinaire en cas de chute brutale de la production, de lait épais et de fièvre chez les vaches.

Sources

  1. Global Agriculture (données des autorités de l'Indiana), 5 novembre 2026
  2. APHIS via My Vet Candy, 5 novembre 2026