Sommaire
- Ce qui s'est passé
- D'où ont été sauvés les animaux
- Comment on soigne les brûlures des animaux sauvages
- Épuisement et déshydratation
- La réhabilitation : quatre à huit semaines
- Le dernier examen vétérinaire
- Les orangs-outans et les maladies humaines
- Un difficile retour à la maison
- Ce qui se passe après le lâcher
- La fumée est dangereuse aussi pour les animaux
- Pourquoi les orangs-outans sont au bord de l'extinction
- Incendies et plantations
- L'huile de palme et l'Europe
- Les primates ne sont pas des animaux de compagnie
- Comment reconnaître un centre de sauvetage sérieux
- Comment vous pouvez aider
- Comment bénévoles et vétérinaires travaillent après les incendies
- Ce que cela signifie pour l'Europe
- Quand consulter un vétérinaire
Ce qui s'est passé
Le 30 octobre 2026, la chaîne européenne Euronews a présenté le lâcher de neuf orangs-outans dans la partie indonésienne de l'île de Bornéo. Le jeudi 29 octobre, des spécialistes de la conservation ont ouvert les cages de transport dans la forêt protégée de Batu Nyambu. Les animaux ont grimpé aux arbres les plus proches et ont disparu dans la canopée.
Parmi eux se trouvaient quatre mères avec leurs petits. Le dernier examen vétérinaire avant le lâcher a montré que trois femelles étaient de nouveau gestantes.
Euronews ; 30 octobre 2026
D'où ont été sauvés les animaux
Les orangs-outans ont été sauvés en août et en septembre d'une plantation de palmiers à huile du district de Ketapang, où le feu a traversé leur habitat. Selon Karmele Llano Sanchez, directrice de la fondation indonésienne de réhabilitation de la faune YIARI, certains avaient des brûlures aux mains et aux pieds, d'autres étaient très amaigris et déshydratés.
Selon le ministère indonésien des Forêts, au moins 51 orangs-outans ont été sauvés des forêts en feu de la province du Kalimantan occidental depuis début août. Le groupe de surveillance Nusantara Atlas estime que les incendies ont touché plus de 1,9 million d'hectares en Indonésie durant les neuf premiers mois de 2026.
Comment on soigne les brûlures des animaux sauvages
Les brûlures des animaux sauvages se soignent selon les mêmes principes que chez l'humain et les animaux de compagnie, à ceci près que le patient est sauvage et a peur des humains. On soulage d'abord la douleur et on stabilise l'animal : on compense la perte de liquides et on vérifie si la fumée a abîmé les poumons. Puis les plaies sont nettoyées, soignées et couvertes de pansements, avec des antibiotiques si besoin pour prévenir l'infection.
Pour les orangs-outans, les brûlures aux mains et aux pieds sont particulièrement dangereuses : ce sont leurs principaux « outils », sans lesquels ils ne peuvent ni grimper aux arbres, ni s'accrocher aux branches, ni trouver de quoi manger. Tant que les plaies ne sont pas guéries, l'animal ne peut pas retourner en forêt. Le traitement et la convalescence prennent donc des semaines.
Épuisement et déshydratation
Les incendies détruisent non seulement les arbres, mais aussi la nourriture : fruits, feuilles, pousses et insectes. Les animaux qui tentent de survivre sur une zone brûlée ou une plantation maigrissent vite. Au centre de réhabilitation, on les nourrit progressivement, car un passage brutal à une alimentation abondante après la faim peut leur nuire. Les vétérinaires surveillent le poids, les analyses de sang et le transit.
La réhabilitation : quatre à huit semaines
Les orangs-outans sauvés ont passé de quatre à huit semaines au centre de réhabilitation de Ketapang. Pendant ce temps, les plaies ont guéri, et les animaux ont pris du poids et repris des forces. Point important : les adultes qui ont grandi dans la nature savent vivre seuls en forêt et peuvent donc être relâchés assez vite après les soins. Il en va tout autrement pour les jeunes orphelins : ils ont besoin d'années d'« école de la forêt » avant de savoir survivre sans les humains.
Le dernier examen vétérinaire
Avant le lâcher, chaque animal est examiné. Les vétérinaires vérifient que les plaies ont guéri, que le poids est revenu et qu'il n'y a ni infections ni parasites que l'animal pourrait emporter en forêt et transmettre à d'autres. C'est justement lors d'un tel examen que trois femelles se sont révélées gestantes. Pour une espèce qui se reproduit très lentement, c'est une excellente nouvelle : chaque gestation compte pour l'avenir de la population.
Les orangs-outans et les maladies humaines
Les orangs-outans sont génétiquement proches de l'humain et sensibles à bon nombre de nos infections, des virus du rhume à la tuberculose. Dans les centres de réhabilitation, le personnel porte donc des masques, limite les contacts et garde les nouveaux patients en quarantaine. Avant le lâcher, on vérifie que les animaux n'emportent pas en forêt une maladie qui pourrait toucher la population sauvage. Pour la même raison, les touristes ne doivent pas s'approcher des grands singes.
Un difficile retour à la maison
Le trajet jusqu'à la forêt n'a pas été simple. Selon Euronews, les animaux ont voyagé en voiture, puis en bateau, et sur le dernier tronçon, des personnes ont porté les lourdes cages sur des pentes raides et glissantes. Le site de lâcher, la forêt protégée de Batu Nyambu de 23 000 hectares, a été choisi parce qu'il est presque intact et riche en nourriture.
Ce qui se passe après le lâcher
Le lâcher n'est pas la fin du travail. En général, des équipes spécialisées observent les animaux pendant un certain temps : comment ils trouvent à manger, construisent leurs nids de nuit dans les arbres et s'ils reviennent vers les humains. Si un animal s'affaiblit ou ne s'adapte pas, il peut être ramené au centre. Le suivi des femelles avec petits et des femelles gestantes est particulièrement important.
La fumée est dangereuse aussi pour les animaux
Les incendies ne nuisent pas aux animaux que par les flammes. La fumée abîme les yeux et les voies respiratoires et provoque toux, difficultés respiratoires et pneumonies. Les animaux qui ont longtemps respiré de la fumée s'affaiblissent et supportent moins bien la faim et les plaies. Les vétérinaires vérifient donc toujours la respiration et les poumons des animaux sauvés.
Pourquoi les orangs-outans sont au bord de l'extinction
L'orang-outan de Bornéo est en danger critique d'extinction. Les principales menaces sont la déforestation pour les plantations, les incendies, le braconnage et le commerce illégal de jeunes. Les orangs-outans se reproduisent très lentement : la femelle a un petit et s'en occupe pendant plusieurs années avant d'en avoir un autre. Les populations mettent donc des décennies à se rétablir, et chaque incendie les fait reculer.
Incendies et plantations
Les incendies de forêt en Indonésie sont souvent liés au défrichage pour les plantations, notamment de palmiers à huile. Les années sèches, le feu échappe facilement à tout contrôle, surtout sur les tourbières drainées, qui peuvent couver pendant des semaines. La fumée de ces incendies est dangereuse aussi bien pour les animaux que pour les habitants de la région.
L'huile de palme et l'Europe
L'Europe est un gros acheteur d'huile de palme, présente dans de nombreux aliments, cosmétiques, produits ménagers et aliments pour animaux. L'UE a adopté un règlement sur les produits sans déforestation qui concerne aussi l'huile de palme : les entreprises doivent prouver que leurs matières premières ne sont pas liées à la déforestation. En tant que consommateur, vous pouvez regarder les certifications de production durable et la composition des produits.
Les primates ne sont pas des animaux de compagnie
Les jeunes orangs-outans et autres singes qui apparaissent parfois sur les réseaux sociaux comme « animaux de compagnie » proviennent souvent de la nature : leur mère meurt lors de la capture. Détenir des primates chez soi est interdit ou très limité dans la plupart des pays d'Europe et, du point de vue du bien-être animal, c'est toujours une mauvaise idée. Les primates sont des animaux sociaux complexes qui ont besoin d'un groupe de congénères et d'un milieu naturel.
Comment reconnaître un centre de sauvetage sérieux
Si vous voulez soutenir financièrement le sauvetage des orangs-outans ou partir comme bénévole, choisissez des organisations qui ne laissent pas les touristes toucher les animaux, n'organisent pas de séances photo avec les petits et parlent ouvertement de leur travail : combien d'animaux sauvés, combien relâchés, comment ils sont suivis. Un centre sérieux cherche à rendre l'animal à la forêt, pas à en faire une attraction. C'est bon signe si l'organisation travaille avec les services publics de protection de la nature.
Comment vous pouvez aider
- Choisissez des produits à l'huile de palme certifiée ou sans huile de palme.
- Soutenez des organisations fiables qui sauvent les orangs-outans et protègent les forêts.
- Évitez les attractions touristiques avec des singes : photos avec des primates, spectacles, « nourrissage à la main ».
- N'achetez et ne partagez pas de vidéos montrant des primates comme animaux de compagnie.
- Signalez la vente illégale d'animaux sauvages sur les réseaux sociaux.
Comment bénévoles et vétérinaires travaillent après les incendies
Pendant la saison des incendies, les équipes vétérinaires et les sauveteurs travaillent à la limite de leurs forces. Ils se rendent sur les zones en feu, sortent les animaux, donnent les premiers soins sur place et transportent les blessés vers les centres. Le travail est dangereux aussi pour les humains : fumée, chaleur et sol brûlé instable. Beaucoup de ces organisations vivent de dons et du soutien de fondations internationales.
Ce que cela signifie pour l'Europe
Les incendies de Bornéo semblent lointains, mais l'Europe y est liée par ses achats d'huile de palme, de bois et d'autres produits. De plus, les zoos européens participent à des programmes de conservation des orangs-outans, et des vétérinaires et bénévoles européens travaillent dans des centres de réhabilitation. L'expérience des soins aux animaux sauvages après les incendies est aussi utile en Europe, où la chaleur et la sécheresse rendent les feux de forêt plus fréquents, de la Méditerranée à la Scandinavie.
Quand consulter un vétérinaire
Si votre animal a souffert du feu ou de la fumée, s'il a des brûlures, a inhalé de la fumée, tousse, respire difficilement ou est abattu, emmenez-le d'urgence chez un vétérinaire. Les brûlures paraissent souvent plus petites qu'elles ne le sont, car le poil les cache, et une atteinte des poumons par la fumée peut se manifester plusieurs heures plus tard. Si vous trouvez un animal sauvage blessé après un incendie, n'essayez pas de le soigner vous-même : appelez un centre de sauvegarde de la faune sauvage.
Sources
- Euronews, 30 octobre 2026



