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Cliniques et tarifs

Avant le budget britannique : la RSPCA demande une baisse de la TVA sur l’alimentation animale et les soins vétérinaires, les vétérinaires indépendants une révision de la réforme du marché

À la veille du budget du 28 octobre, la Société royale pour la prévention de la cruauté envers les animaux (RSPCA) a demandé au gouvernement d’aider les propriétaires d’animaux : baisser de façon ciblée la TVA sur l’alimentation de base et les soins vétérinaires et soutenir les « banques alimentaires » pour animaux. Les vétérinaires indépendants réclament une révision de la réforme du marché vétérinaire. Nous présentons les deux positions et indiquons où trouver de l’aide quand les soins d’un animal deviennent inabordables.

9 min de lecture
Une vétérinaire examine un chien et un chat, à côté de sacs de croquettes
Photo: Freepik
Sommaire
  1. À la veille du budget
  2. Ce que demande la RSPCA
  3. Pourquoi la RSPCA parle de crise
  4. Les banques alimentaires pour animaux
  5. Les animaux des personnes qui ont besoin d’aide
  6. Ce que changerait une baisse de la TVA
  7. Ce que veulent les vétérinaires indépendants
  8. De quelle enquête s’agit-il
  9. La controverse sur les « orientations stratégiques »
  10. Si vous avez du mal à payer le vétérinaire
  11. Réduire les dépenses sans mettre en danger la santé de son animal
  12. Et ensuite ?

À la veille du budget

Le 28 octobre 2026, la chancelière de l’Échiquier présentera le budget, principal document financier de l’année au Royaume-Uni. En amont, défenseurs des animaux et vétérinaires ont fait connaître leurs demandes au gouvernement. Le 26 octobre, la Société royale pour la prévention de la cruauté envers les animaux (RSPCA), principale association du pays dans ce domaine, a lancé un appel. Une semaine plus tôt, le 19 octobre, la Progressive Veterinary Association (PVA), qui fédère des cliniques indépendantes, avait lancé sa propre campagne.

Pour les propriétaires d’animaux, le budget compte autant que pour les autres. Alimentation, soins, assurance et vaccins ont nettement augmenté ces dernières années, et les revenus de beaucoup de foyers n’ont pas suivi. Quand l’argent manque, ce sont souvent les animaux qui en pâtissent en premier : on reporte la visite chez le vétérinaire ou on renonce à la prévention.

L’essentiel en chiffresL’argent et les animaux au Royaume-Uni
28 octobrebudget britanniquela chancelière présente ses mesures
près d’1 milliard £coût annuel de la maltraitance et de la négligence pour l’économieestimation de l’Animal Welfare Evidence Centre
20 %taux normal de TVA sur les soins vétérinaires et l’alimentation animaleactuellement
4principales demandes de la RSPCA pour le budgetTVA, banques alimentaires, collectivités, associations

RSPCA, Animal Welfare Evidence Centre, Vet Times ; octobre 2026

Ce que demande la RSPCA

La RSPCA souhaite que le budget comprenne :

  • une baisse ciblée de la TVA sur l’alimentation de base des animaux et les soins vétérinaires ;
  • un soutien aux banques alimentaires pour animaux, vers lesquelles se tournent les propriétaires à court d’argent ;
  • des moyens pour les collectivités locales, afin qu’elles puissent remplir leurs obligations de protection des animaux des personnes bénéficiant d’une aide sociale ;
  • une révision du soutien aux associations, notamment une possible exonération de la hausse prévue des cotisations patronales.

Pourquoi la RSPCA parle de crise

Selon une nouvelle estimation de l’Animal Welfare Evidence Centre, centre britannique de données sur le bien-être animal récemment créé, les cas signalés de maltraitance et de négligence pourraient coûter près d’un milliard de livres par an à l’économie du pays. Les auteurs préviennent que ce chiffre est probablement sous-estimé. Il comprend le travail des services et des inspecteurs, l’hébergement et les soins des animaux saisis ainsi que les procédures judiciaires.

Pour la RSPCA, de nombreux cas de négligence ne relèvent pas de la malveillance, mais du manque d’argent des propriétaires pour nourrir et soigner leur animal. Selon l’association, aider en amont coûte donc moins cher que secourir les animaux ensuite.

Nous ne sortirons pas de la crise du bien-être animal en nous contentant de réagir aux conséquences. Ces mesures doivent figurer dans le prochain budget.

Thomas Schultz-Jagow, directeur du plaidoyer et de la prévention à la RSPCA

Les banques alimentaires pour animaux

Les banques alimentaires pour animaux fonctionnent comme les banques alimentaires pour les personnes : associations, refuges et bénévoles collectent de la nourriture pour animaux et la distribuent gratuitement aux propriétaires en difficulté. Elles évitent à des personnes de devoir abandonner leur animal à cause de problèmes d’argent passagers. Certaines proposent aussi de la litière, des antipuces et d’autres produits de première nécessité. On peut connaître la banque alimentaire la plus proche auprès d’un refuge, de son vétérinaire ou de groupes d’entraide sur les réseaux sociaux. Pour la RSPCA, le soutien public à ces banques est l’un des moyens les moins coûteux de prévenir la négligence. En France, des associations proposent également des distributions de croquettes aux personnes en difficulté.

Les animaux des personnes qui ont besoin d’aide

Une demande spécifique concerne les collectivités locales. Lorsqu’une personne est soudainement hospitalisée ou entre en maison de retraite, son chat ou son chien peut rester seul dans le logement. Selon la loi britannique sur l’aide sociale, les autorités locales doivent alors prendre des mesures raisonnables pour protéger les biens de la personne — et les animaux de compagnie en font partie. La RSPCA demande que les collectivités reçoivent des fonds pour remplir cette obligation, au lieu de la reporter sur les associations. Concrètement, cela peut se passer ainsi : des voisins entendent un chien hurler pendant plusieurs jours dans l’appartement d’une personne âgée hospitalisée et appellent la collectivité, qui doit faire nourrir l’animal et le placer temporairement jusqu’au retour de son maître.

Ce que changerait une baisse de la TVA

Aujourd’hui, les soins vétérinaires et l’alimentation animale sont soumis au Royaume-Uni au taux normal de TVA de 20 %. Une baisse ciblée sur l’alimentation de base et les soins nécessaires réduirait directement les dépenses des propriétaires. La décision appartient au gouvernement, et on ne sait pas encore si une telle mesure figurera dans le budget.

Les partisans d’une baisse rappellent que la plupart des produits alimentaires destinés aux humains sont exonérés de TVA au Royaume-Uni, contrairement à l’alimentation animale, qui est pourtant une dépense tout aussi incontournable pour beaucoup de foyers. Les opposants objectent qu’une baisse d’impôt coûte au budget de l’État sans garantir que magasins et cliniques répercutent la totalité de la baisse sur leurs prix. C’est pourquoi la RSPCA parle d’une baisse ciblée, limitée à l’alimentation de base et aux soins nécessaires.

Ce que veulent les vétérinaires indépendants

La Progressive Veterinary Association (PVA) fait campagne pour réformer le fonctionnement de l’autorité britannique de la concurrence (CMA). Elle invite les vétérinaires indépendants à témoigner de l’impact des changements du secteur sur eux et leurs clients, et a organisé pour eux un webinaire gratuit le 20 octobre. La PVA est en conflit avec la CMA au sujet de son enquête sur le marché vétérinaire, et l’affaire pourrait aller devant les tribunaux.

La CMA n’a cité aucune de ses mesures qui réduirait les coûts des cliniques indépendantes.

Iain McGill, directeur de la PVA

Selon l’association, les décisions de l’autorité n’aideront pas les petites cliniques à faire face à la concurrence et ne réduiront pas les factures des propriétaires. Elle estime que les vétérinaires indépendants doivent pouvoir expliquer directement comment ces décisions affecteront leurs cliniques, et recueille leurs témoignages pour les transmettre au gouvernement.

De quelle enquête s’agit-il

En 2024, la CMA a ouvert une enquête approfondie sur le marché des services vétérinaires pour animaux de compagnie, à la suite de plaintes de propriétaires sur la hausse des prix et sur le nombre croissant de cliniques appartenant à de grands groupes, les propriétaires ignorant souvent les tarifs à l’avance et l’identité du propriétaire de leur clinique. Parmi les mesures proposées : des grilles tarifaires obligatoires, un plafonnement des frais d’ordonnance et une information claire sur le groupe auquel appartient la clinique. Selon la CMA elle-même, les prix des services vétérinaires ont augmenté plus vite que l’inflation entre 2016 et 2023, et la part des cliniques détenues par de grands groupes a été multipliée en dix ans.

Les vétérinaires indépendants craignent que les nouvelles obligations pèsent autant sur eux que sur les grands groupes, alors qu’une petite clinique dispose de beaucoup moins de personnel pour y faire face.

La controverse sur les « orientations stratégiques »

La PVA demande au gouvernement de revoir les orientations qu’il a données à la CMA : selon elle, l’accès des propriétaires aux soins vétérinaires n’y figurait pas en priorité. Elle souhaite qu’un engagement en ce sens soit annoncé dans le budget. La PVA propose aussi d’envisager une intervention du gouvernement, sur le modèle de celle évoquée récemment à propos du projet de rachat de la chaîne ITV par Sky.

Si vous avez du mal à payer le vétérinaire

Pendant que les responsables politiques débattent, les propriétaires qui peinent à payer les soins peuvent déjà trouver de l’aide :

  • PDSA, réseau caritatif de cliniques vétérinaires qui soigne gratuitement ou à prix réduit les animaux de propriétaires à faibles revenus vivant dans sa zone d’intervention ;
  • Blue Cross et la RSPCA, qui disposent dans de nombreuses régions de cliniques ou de programmes d’aide aux soins et à la stérilisation ;
  • Dogs Trust, qui aide à soigner les chiens des personnes sans abri ;
  • Cinnamon Trust, qui soutient les propriétaires âgés ou gravement malades : des bénévoles promènent leurs chiens et aident à trouver un accueil temporaire en cas d’hospitalisation ;
  • les banques alimentaires locales pour animaux, à demander au refuge, au vétérinaire ou à la collectivité.

Réduire les dépenses sans mettre en danger la santé de son animal

  • Ne faites pas l’impasse sur les vaccins, les antiparasitaires et les visites de prévention : soigner une maladie négligée coûte toujours plus cher.
  • Demandez un devis au vétérinaire avant le traitement et renseignez-vous sur les options plus abordables.
  • Si votre animal a besoin d’un traitement au long cours, demandez une ordonnance écrite : au Royaume-Uni, on peut acheter le médicament dans une autre pharmacie, y compris en ligne, parfois nettement moins cher malgré les frais d’ordonnance.
  • Renseignez-vous sur les forfaits de prévention à paiement mensuel : beaucoup de cliniques y incluent vaccins, antiparasitaires et bilans.
  • Comparez les assurances avant que votre animal tombe malade : après un diagnostic, la maladie ne sera probablement plus couverte.
  • Si l’argent vient à manquer en cours de traitement, dites-le franchement au vétérinaire : il est souvent possible de convenir d’un échelonnement ou de choisir une autre option.

Et ensuite ?

On saura après le 28 octobre si les demandes de la RSPCA et de la PVA ont été retenues dans le budget. Même sans allègement fiscal, la question du coût de la vie avec un animal est désormais débattue au niveau gouvernemental. Ce qui aura été retenu apparaîtra dans les documents détaillés que le gouvernement publie avec le budget. Pour les propriétaires de tous les pays, la principale leçon de cette histoire est utile : mieux vaut penser au budget de son animal à l’avance — avant la maladie, et non dans la salle de consultation.

Sources

  1. Vet Times, sur la déclaration de la RSPCA, 26 octobre 2026
  2. Vet Times, sur la campagne de la PVA, 19 octobre 2026
  3. Animal Welfare Evidence Centre, octobre 2026