Sommaire
- Ce qu'a annoncé le FLI
- Où le virus a été trouvé
- L'Allemagne comparée au reste de l'Europe
- Qu'est-ce que le virus du Nil occidental ?
- Comment la maladie se manifeste chez le cheval
- Comment poser le diagnostic
- Pourquoi le virus progresse vers le nord
- Pourquoi le FLI dit que la saison n'est pas terminée
- La vaccination des chevaux
- Comment protéger votre cheval des moustiques
- Que faire des oiseaux morts
- Ce que doivent savoir les propriétaires d'oiseaux, de chiens et de chats
- Le virus est-il dangereux pour l'homme ?
- Et maintenant ?
- Quand appeler le vétérinaire
Ce qu'a annoncé le FLI
Le 27 octobre 2026, l'Institut Friedrich-Loeffler (FLI), l'institut fédéral allemand de recherche en santé animale, a publié un point sur le virus du Nil occidental. Conclusion principale : depuis la mi-septembre, le virus est nettement plus actif dans le pays.
Au 26 octobre, le laboratoire national de référence du FLI avait confirmé 17 infections chez des chevaux et 25 chez des oiseaux sauvages et de zoo. Le nombre de cas a fortement augmenté en octobre, alors que la saison semblait modérée jusqu'au début septembre. Le 4 septembre encore, le FLI écrivait que le virus ne se manifestait cette année que de manière modérée, contrairement au sud de l'Europe.
Institut Friedrich-Loeffler ; 27 octobre 2026
Où le virus a été trouvé
Les cas sont dispersés dans des secteurs où le virus du Nil occidental est déjà connu : Berlin, le Brandebourg, Hambourg, la Basse-Saxe, la Saxe-Anhalt, la Saxe et la Thuringe. Ce sont des Länder de l'est et du nord du pays, où le virus est apparu il y a quelques années et revient depuis presque chaque été.
La nouveauté de 2026 est un regroupement de cas dans le sud-ouest de l'Allemagne, en particulier dans la plaine du Rhin supérieur (Oberrheinische Tiefebene), entre la Forêt-Noire et les Vosges. Ce secteur n'était pas considéré jusqu'ici comme une zone touchée. Le FLI juge très probable que le virus s'y soit installé durablement.
L'Allemagne comparée au reste de l'Europe
Par rapport à ses voisins, l'Allemagne reste dans une situation modérée. Le FLI souligne que l'Italie, la Grèce et la France comptent beaucoup plus de cas. Les infections chez l'animal et chez l'homme sont aussi nettement plus nombreuses chez les voisins belges et néerlandais.
Le FLI renvoie aussi à l'évaluation commune du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) : la situation du virus du Nil occidental en Europe en 2026 est sans précédent. Le virus s'est étendu sur une zone plus vaste que lors de toute saison précédente, et le nombre d'infections humaines et de foyers animaux dépasse celui des années passées.
Qu'est-ce que le virus du Nil occidental ?
Le virus du Nil occidental est transmis par les moustiques, en Europe surtout par les moustiques communs du genre Culex, présents presque partout, y compris en ville. Ses principaux hôtes sont les oiseaux : le virus se multiplie dans leur sang, et les moustiques s'infectent en piquant. Certaines espèces d'oiseaux, comme les corneilles, les geais, les rapaces et les chouettes, tombent gravement malades et meurent.
Les chevaux et les humains s'infectent par piqûre de moustique, mais ne transmettent pas le virus : il y en a trop peu dans leur sang pour contaminer un nouveau moustique. Un cheval malade ne présente donc aucun danger pour les autres chevaux ni pour les personnes qui l'entourent. Les chiens et les chats peuvent aussi être infectés, mais tombent très rarement malades.
Comment la maladie se manifeste chez le cheval
Chez la plupart des chevaux infectés, le virus ne provoque aucun signe visible. Mais chez certains, il atteint le système nerveux, et la maladie devient alors dangereuse. Soyez attentif à :
- une démarche chancelante, des trébuchements, une incertitude surtout des membres postérieurs ;
- des tremblements musculaires, des contractions des muscles de la tête et de l'encolure ;
- une faiblesse, pouvant aller jusqu'à l'incapacité de se relever ;
- des changements de comportement : abattement, somnolence ou au contraire agitation ;
- une température élevée et un refus de s'alimenter ;
- des difficultés à déglutir, des grincements de dents, des mouvements inhabituels des lèvres.
Environ un tiers des chevaux atteints de la forme neurologique meurent ou doivent être euthanasiés. Beaucoup de survivants récupèrent complètement, mais certains gardent des séquelles.
Comment poser le diagnostic
Les signes seuls ne permettent pas d'identifier le virus du Nil occidental : d'autres maladies du système nerveux peuvent se présenter exactement de la même façon. Le vétérinaire fait donc une prise de sang au cheval et l'envoie au laboratoire, qui recherche des anticorps particuliers apparaissant dans les premières semaines après l'infection, et parfois le virus lui-même. Les prélèvements positifs des laboratoires régionaux sont confirmés par le laboratoire national de référence du FLI ; ce sont précisément ses données qui fondent le point du 27 octobre.
Chez les oiseaux morts, le virus est recherché dans les organes. Les services vétérinaires savent ainsi dans quels secteurs le virus circule avant même que chevaux et humains ne tombent malades.
Pourquoi le virus progresse vers le nord
Il y a encore 20 ans, le virus du Nil occidental était considéré comme une maladie du sud de l'Europe. Il apparaît désormais régulièrement en Allemagne, aux Pays-Bas et en Belgique. La raison principale : des étés chauds et longs. Avec la chaleur, les moustiques se reproduisent plus vite et le virus mûrit plus rapidement dans leur organisme. Les oiseaux migrateurs rapportent chaque année le virus du sud, et si l'été est chaud, il a le temps de s'installer chez les oiseaux et les moustiques locaux. La plaine du Rhin supérieur est l'une des régions les plus chaudes d'Allemagne, si bien que son apparition sur la carte du virus ne surprend pas les spécialistes.
Pourquoi le FLI dit que la saison n'est pas terminée
Les moustiques restent actifs tant qu'il fait doux, et ces dernières années l'automne allemand est de plus en plus souvent clément. Le FLI l'écrit clairement : la saison 2026 du virus du Nil occidental n'est pas encore terminée. Devant des signes neurologiques chez des oiseaux ou des chevaux, les vétérinaires doivent donc toujours envisager une infection par ce virus parmi les causes possibles.
Pour les propriétaires de chevaux, il est trop tôt pour baisser la garde : pendant quelques semaines encore, une piqûre de moustique infecté reste possible, surtout dans la vallée du Rhin et dans l'est du pays. La protection contre les moustiques reste nécessaire jusqu'à ce que les nuits soient durablement froides.
La vaccination des chevaux
Des vaccins contre le virus du Nil occidental sont autorisés pour les chevaux dans l'UE. La commission vaccinale vétérinaire permanente allemande (StIKo Vet) recommande de vacciner les chevaux dans les zones où le virus est déjà présent, ainsi que ceux qui y déménagent ou s'y rendent en compétition. La primovaccination comporte plusieurs injections et la protection ne s'installe pas immédiatement : mieux vaut donc commencer avant la saison des moustiques.
C'est le vétérinaire qui décide de la vaccination et de son protocole, en fonction du lieu de vie du cheval, de son âge et de ses déplacements prévus. En France, où le virus circule surtout dans le sud et s'est étendu ces dernières années, la vaccination des chevaux est un sujet à aborder chaque année avec votre vétérinaire, en particulier si vous habitez ou concourez dans les régions touchées.
Comment protéger votre cheval des moustiques
La vaccination est l'essentiel, mais des mesures simples réduisent aussi le risque de piqûres :
- rentrez votre cheval à l'écurie au crépuscule et la nuit, quand les moustiques sont les plus actifs ;
- posez des moustiquaires aux fenêtres et aux portes des boxes ;
- utilisez des chemises et des masques anti-insectes au pré ;
- appliquez des répulsifs pour chevaux selon la notice et les conseils du vétérinaire ;
- supprimez les eaux stagnantes : vieux seaux, pneus, gouttières bouchées où se développent les larves ;
- changez régulièrement l'eau des abreuvoirs et nettoyez-les.
Que faire des oiseaux morts
Si vous trouvez des corneilles, des geais, des rapaces ou des chouettes morts, surtout plusieurs à la fois, signalez-le aux services vétérinaires ou, en France, au réseau SAGIR de l'Office français de la biodiversité. Les oiseaux sont les premières sentinelles du virus : leur mort montre qu'il est présent dans le secteur avant que les chevaux ne tombent malades. Ne touchez jamais un oiseau mort à mains nues.
Ce que doivent savoir les propriétaires d'oiseaux, de chiens et de chats
Dans les zones où le virus circule, les détenteurs d'oiseaux d'ornement ou de basse-cour ont intérêt à les garder à l'intérieur ou dans des volières munies de moustiquaires, surtout le soir. Le virus du Nil occidental n'est guère dangereux pour les chiens et les chats, mais la protection contre les moustiques leur est utile aussi : en Europe, les moustiques transmettent d'autres maladies, comme la dirofilariose. Le vétérinaire choisit l'antimoustique adapté à votre chien ; beaucoup de produits pour chiens sont dangereux pour les chats et ne doivent jamais leur être appliqués sans avis professionnel.
Le virus est-il dangereux pour l'homme ?
L'homme ne contracte le virus du Nil occidental que par une piqûre de moustique. Chez la plupart des personnes, l'infection passe inaperçue ou ressemble à un léger rhume avec de la fièvre, mais chez les personnes âgées ou immunodéprimées le virus peut provoquer une inflammation du cerveau. Les propriétaires ont donc eux aussi besoin de se protéger des moustiques : répulsifs, vêtements longs au crépuscule, moustiquaires aux fenêtres.
Et maintenant ?
Le FLI continuera de collecter des données jusqu'à la fin de la saison. Avec les premières gelées, les moustiques cesseront de voler et les nouveaux cas diminueront. Mais si, comme l'estime le FLI, le virus s'est installé dans la plaine du Rhin supérieur, il faudra s'attendre à le retrouver là aussi l'an prochain. Les propriétaires de chevaux du sud-ouest de l'Allemagne ont intérêt à planifier la vaccination à l'avance, et les cliniques à se préparer à ce que le virus du Nil occidental devienne une composante habituelle de l'été. Ceux qui prévoient l'été prochain de concourir avec leur cheval en Italie, en Grèce ou dans le sud de la France, où le virus est bien plus fréquent, devraient aussi en parler avec leur vétérinaire plusieurs mois à l'avance.
Quand appeler le vétérinaire
Si votre cheval devient chancelant, présente des tremblements musculaires, de la faiblesse, des changements de comportement ou de la fièvre, appelez immédiatement votre vétérinaire. Des signes neurologiques se rencontrent aussi dans d'autres maladies graves, comme l'herpèsvirose équine ou la rage, et seul un professionnel peut les distinguer grâce à des analyses de laboratoire. En Allemagne, toute suspicion de virus du Nil occidental chez un cheval doit être déclarée ; en France, la maladie est également à déclaration obligatoire.
Sources
- Institut Friedrich-Loeffler (FLI), brève, 27 octobre 2026
- Institut Friedrich-Loeffler (FLI), 4 septembre 2026



