Sommaire
- Ce qui se passe
- Qui sont les bernaches nonnettes
- L'origine des prélèvements et les résultats des autopsies
- Le dernier cas de grippe aviaire en Finlande
- Pourquoi des oies mortes ne signifient pas toujours grippe aviaire
- Pourquoi il est important de signaler les découvertes
- Que faire si vous trouvez un oiseau mort
- Est-ce dangereux pour l'homme ?
- Ce que les propriétaires de chiens doivent savoir
- Ce que les propriétaires de chats doivent savoir
- Ce que les détenteurs de volailles doivent savoir
- Faut-il nourrir les oies au parc ?
- Comment la grippe aviaire est surveillée en Europe
- Et maintenant ?
- Quand consulter un vétérinaire
Ce qui se passe
Fin octobre 2026, des habitants de différentes régions de Finlande ont commencé à trouver de nombreuses bernaches nonnettes mortes le long des routes de migration d'automne. Ces petites oies noir et blanc traversent le pays en immenses volées chaque automne. Les oiseaux sont envoyés pour analyse à l'autorité alimentaire Ruokavirasto.
Le 28 octobre, l'autorité a présenté ses premiers résultats. Dans les prélèvements déjà analysés, aucune grippe aviaire n'a été détectée. Ces résultats concernent des bernaches du sud de la Finlande et de Carélie du Nord.
Ruokavirasto ; 28 octobre 2026
Qui sont les bernaches nonnettes
La bernache nonnette est une petite oie au « masque » blanc sur une tête noire, au cou noir et au dos gris argenté. L'été, elle niche dans l'Arctique ; à l'automne, d'immenses volées rejoignent leurs quartiers d'hiver sur les côtes de la mer du Nord, aux Pays-Bas, en Allemagne et au Danemark. La Finlande se trouve sur leur route, et en octobre des milliers d'entre elles font halte dans les champs, les prairies et les parcs urbains, y compris à Helsinki.
Leurs effectifs ont fortement augmenté ces dernières décennies, et une partie des oiseaux niche désormais en Finlande même, sur la côte et en ville. Les grands rassemblements denses ont des avantages pour les oiseaux, mais les maladies s'y propagent facilement : un oiseau malade peut en contaminer beaucoup d'autres pendant que la volée se nourrit dans le même champ. C'est pourquoi une mortalité massive de bernaches alerte toujours les vétérinaires et les ornithologues.
L'origine des prélèvements et les résultats des autopsies
La semaine dernière et cette semaine, Ruokavirasto a reçu plus de 20 prélèvements de bernaches trouvées mortes ou euthanasiées en raison de leur mauvais état. La plupart proviennent de Carélie du Nord, mais d'autres sont arrivés de l'est, du sud-est et du sud du pays.
Les autopsies ont mis en évidence divers signes de maladie. Les oiseaux sont donc testés non seulement pour la grippe aviaire, mais aussi pour d'autres virus et des bactéries. Les analyses de grippe aviaire sur des bernaches de plusieurs localités ne sont pas encore terminées ; les résultats sont attendus la semaine prochaine.
Le dernier cas de grippe aviaire en Finlande
Selon Ruokavirasto, les derniers cas confirmés de grippe aviaire hautement pathogène chez les oiseaux sauvages en Finlande remontent à l'été. Le 15 juin, le virus a été trouvé chez une bernache nonnette à Joensuu, et le 4 août chez une bernache du Canada à Espoo. Aucun nouveau cas n'a été confirmé depuis, alors que le virus est déjà apparu cet automne dans des élevages de pays voisins.
Pourquoi des oies mortes ne signifient pas toujours grippe aviaire
Les mortalités massives d'oiseaux d'eau ont des causes variées, et la grippe aviaire n'en est qu'une. À l'automne, les oiseaux dépensent beaucoup d'énergie pour la migration, se rassemblent par milliers dans les mêmes champs et plans d'eau, et les infections se transmettent facilement au sein de la volée. Parmi les causes fréquentes de mortalité chez les oies et les canards :
- le choléra aviaire, une infection bactérienne qui se propage vite dans les rassemblements denses ;
- le botulisme, une intoxication par une toxine bactérienne, plus fréquente par temps chaud en eau peu profonde ;
- les empoisonnements, par exemple par la grenaille de plomb ou des substances provenant des champs ;
- l'épuisement après un long vol ou par mauvais temps.
C'est justement pour cela qu'il est important que les oiseaux soient analysés en laboratoire : seules les analyses montrent la cause réelle de la mort et s'il existe un danger pour les volailles et les humains.
Pourquoi il est important de signaler les découvertes
Ruokavirasto surveille la grippe aviaire chez les oiseaux sauvages dans tout le pays, et chaque découverte aide à repérer le virus à temps. L'autorité demande de signaler au vétérinaire municipal (kunnaneläinlääkäri) :
- les mortalités massives d'oiseaux sauvages, lorsque plusieurs oiseaux morts sont trouvés au même endroit ;
- chaque rapace mort : aigles, autours, chouettes et autres.
Le vétérinaire décide s'il faut envoyer les oiseaux pour analyse et aide à le faire. Les oiseaux d'eau et les rapaces malades ou morts récemment sont particulièrement recherchés. Les oiseaux peuvent être envoyés entiers au site de Ruokavirasto à Oulu, gratuitement pour l'expéditeur. En France, on signale les oiseaux sauvages trouvés morts au réseau SAGIR de l'Office français de la biodiversité.
Que faire si vous trouvez un oiseau mort
- Ne touchez pas l'oiseau à mains nues. Si vous devez le déplacer, utilisez des gants ou un sac, puis lavez-vous les mains.
- Repérez l'endroit, idéalement en enregistrant les coordonnées sur votre téléphone.
- Signalez la découverte s'il y a plusieurs oiseaux ou s'il s'agit d'un rapace.
- N'emportez pas d'oiseaux malades chez vous. Ruokavirasto demande expressément de ne pas apporter d'oiseaux d'eau sauvages malades là où vivent d'autres oiseaux et de ne pas soigner d'oiseaux sauvages là où l'on détient des volailles.
Est-ce dangereux pour l'homme ?
L'autorité rappelle que les virus de la grippe aviaire se transmettent difficilement à l'homme et que l'infection nécessite en général un contact étroit avec un oiseau sauvage ou domestique malade ou avec ses déjections. Mais lorsqu'elle survient, la maladie peut être très grave. La règle principale est donc d'éviter tout contact avec des animaux malades ou morts.
Ce que les propriétaires de chiens doivent savoir
L'automne est la saison des longues promenades au bord des lacs et dans les champs où se reposent les oies. Les chiens ramassent volontiers les oiseaux morts, ce qui est dangereux pas seulement à cause d'une éventuelle grippe aviaire : les cadavres peuvent contenir des bactéries, des parasites et des toxines.
- Tenez votre chien en laisse près des plans d'eau et des champs où des oiseaux morts ont été vus.
- Apprenez-lui l'ordre « laisse » ou « lâche » : il sert en toute saison.
- Ne laissez pas votre chien se baigner là où flottent des oiseaux malades ou morts.
- Les chiens de chasse demandent une attention particulière : à la chasse au gibier d'eau, il faut penser à la grippe aviaire, et Ruokavirasto publie des conseils spécifiques pour les chasseurs.
Ce que les propriétaires de chats doivent savoir
Les chats sont plus sensibles que les chiens à la souche actuelle de grippe aviaire. Ils s'infectent en chassant et en mangeant des oiseaux malades. Si votre chat sort près de plans d'eau ou de champs où des oiseaux meurent, gardez-le de préférence à l'intérieur pendant la migration ou laissez-le sortir sous surveillance. Mieux vaut aussi ne pas lui donner de volaille crue à cette période.
Ce que les détenteurs de volailles doivent savoir
Même si les premiers prélèvements n'ont pas révélé de grippe aviaire, l'automne reste la période la plus dangereuse pour les poules, canards et oies de basse-cour. Le virus peut être apporté par les oiseaux migrateurs et leurs fientes sur l'herbe et dans l'eau.
- Nourrissez et abreuvez vos volailles sous un abri, pour que les oiseaux sauvages ne se posent pas près de l'aliment.
- Ne laissez pas canards et oies domestiques aller sur les plans d'eau où se reposent les oiseaux sauvages.
- Changez de chaussures avant d'entrer dans le poulailler.
- Surveillez vos oiseaux : mortalité soudaine, abattement, refus de s'alimenter ou baisse de ponte doivent vous faire appeler immédiatement le vétérinaire.
Faut-il nourrir les oies au parc ?
Beaucoup de citadins aiment donner du pain aux oies et aux canards au bord des étangs. Mais pendant la migration, ce nourrissage fait plutôt du tort. Il regroupe les oiseaux en groupes serrés sur une même rive, et toute infection se propage plus vite dans une telle foule. Le pain est en outre une mauvaise nourriture pour les oies : il cale sans apporter les nutriments nécessaires, et les restes détrempés polluent l'eau et attirent les rats.
Si vous voulez aider les oiseaux, observez-les plutôt de loin, ne vous approchez pas des individus affaiblis et n'essayez pas de les attraper. Inutile de ramener chez vous un oiseau malade qui ne peut plus voler : vous pouvez le signaler aux services locaux ou à un vétérinaire.
Comment la grippe aviaire est surveillée en Europe
Tous les pays de l'UE surveillent les oiseaux sauvages. Les services vétérinaires analysent les oiseaux morts trouvés par le public et signalent les résultats positifs dans un système européen commun. À partir de ces données, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) établit des cartes de risque et alerte les pays dont le virus se rapproche. Plus les découvertes arrivent au laboratoire, plus l'image est précise et plus tôt les détenteurs de volailles sont prévenus du danger.
Signaler des oies mortes n'est donc pas une formalité inutile. Même un résultat négatif compte : il montre que le virus n'est pas encore présent dans le secteur et permet d'éviter des restrictions inutiles.
Et maintenant ?
La semaine prochaine, Ruokavirasto attend les autres résultats de grippe aviaire. Des analyses sont menées en parallèle pour d'autres virus et des bactéries, afin de comprendre pourquoi les bernaches meurent. Si la grippe aviaire est confirmée, l'autorité l'annoncera et donnera peut-être de nouvelles recommandations aux détenteurs de volailles. D'ici là, mieux vaut considérer que le risque existe et appliquer des précautions simples.
Quand consulter un vétérinaire
Si votre chien ou votre chat a mangé un oiseau mort ou a longtemps joué avec et paraît ensuite abattu, a de la fièvre, perd l'appétit, vomit, a la diarrhée, tousse ou respire difficilement, consultez un vétérinaire en mentionnant le contact avec l'oiseau. Si des poules, canards ou oies de votre basse-cour tombent malades ou meurent, appelez immédiatement votre vétérinaire : toute suspicion de grippe aviaire doit être déclarée.
Sources
- Ruokavirasto (autorité alimentaire finlandaise), 28 octobre 2026



