Sommaire
- Ce qui s'est passé au Royaume-Uni
- Pourquoi une telle campagne était nécessaire
- Pourquoi les cochons d'Inde « cachent » leurs maladies
- Faire le bilan à la maison, étape par étape
- Les problèmes les plus fréquents
- Que donner à manger à un cochon d'Inde
- Pourquoi un cochon d'Inde a besoin de compagnie
- Où et comment loger ses cochons d'Inde
- Faut-il emmener un cochon d'Inde en bonne santé chez le vétérinaire ?
- Choisir un vétérinaire pour son cochon d'Inde
- Les cochons d'Inde et les enfants
- Ce que la campagne signifie pour l'Europe
- Quand consulter sans attendre
Ce qui s'est passé au Royaume-Uni
Du 26 au 30 octobre 2026, le Royaume-Uni a célébré la Guinea Pig Awareness Week, la semaine de sensibilisation au cochon d'Inde. Cette année, elle avait un objectif concret : le vendredi 30 octobre, les propriétaires de tout le pays étaient invités à réaliser le Big Pig Health Check, un grand bilan de santé de leurs animaux. Les inscriptions se faisaient sur le site de la Guinea Pig Alliance.
Le journal vétérinaire Vet Times a présenté la campagne le 27 octobre. Selon lui, plus de 2 500 personnes s'étaient déjà inscrites au bilan, soit plus de cinq fois l'objectif initial des organisateurs.
Le bilan de santé donne à la campagne une dimension pratique et rassemble propriétaires, refuges et professionnels vétérinaires.
John Chitty, président de l'association Guinea Pig Welfare
Vet Times, Burgess Small Animal Census, RSPCA ; 27 octobre 2026
Pourquoi une telle campagne était nécessaire
La campagne s'appuyait sur des données concernant la façon dont les propriétaires veillent à la santé de leurs cochons d'Inde. Une analyse tirée du recensement des petits animaux de compagnie Burgess Small Animal Census a montré que 64 % des participants n'emmènent leur cochon d'Inde chez le vétérinaire que lorsqu'ils pensent déjà que quelque chose ne va pas. Près d'un propriétaire sur sept n'est pas sûr de savoir reconnaître que son cochon d'Inde est stressé ou souffre.
Autre signal d'alarme : les chiffres de la société britannique de protection animale RSPCA. En 2025, le nombre de cochons d'Inde accueillis dans ses centres nationaux d'Angleterre et du pays de Galles a augmenté de 76 % par rapport à l'année précédente. La RSPCA estime que le chiffre réel est encore plus élevé, car ses antennes indépendantes ne sont pas comptées.
Cette tendance est profondément inquiétante. Un simple examen peut aider à repérer les problèmes à un stade précoce.
Eloise Dicks, chargée de mission science et politiques à la RSPCA
Pourquoi les cochons d'Inde « cachent » leurs maladies
Dans la nature, le cochon d'Inde est une proie, pas un prédateur. Un animal affaibli est plus vite repéré et capturé, c'est pourquoi les cochons d'Inde dissimulent leur douleur et leur malaise jusqu'au bout. Le propriétaire ne remarque souvent la maladie que lorsqu'elle est déjà avancée : le cochon d'Inde ne mange plus, maigrit, reste prostré, le poil hérissé, dans un coin. Et chez un si petit animal, l'état peut se dégrader en un ou deux jours.
C'est pourquoi les vétérinaires conseillent de ne pas attendre les signes évidents, mais d'examiner régulièrement soi-même son cochon d'Inde, ce qui était précisément l'objet de la campagne.
Faire le bilan à la maison, étape par étape
Un examen rapide une fois par semaine prend 5 à 10 minutes. Faites-le de préférence toujours à la même heure, sur une table recouverte d'une serviette pour que l'animal ne glisse pas et ne tombe pas.
- Pesez votre cochon d'Inde sur une balance de cuisine, dans un bol ou une boîte, et notez le poids. C'est le signal le plus précoce : une perte de poids apparaît souvent avant tout autre signe.
- Regardez les yeux : ils doivent être clairs et brillants, sans écoulement, croûtes ni opacité.
- Vérifiez le nez : sec et propre, sans écoulement ni éternuements.
- Regardez dans la bouche autant que possible et observez les incisives : droites, pas trop longues, sans éclats. Vérifiez qu'il ne bave pas et que le poil du menton n'est pas mouillé.
- Examinez les oreilles : propres, sans croûtes ni mauvaise odeur.
- Passez la main à rebrousse-poil : y a-t-il des zones dégarnies, des pellicules, des plaies, des griffures, des grosseurs sous la peau ?
- Regardez les pattes et les griffes : des coussinets sans plaies ni durillons, des griffes qui ne s'enroulent pas.
- Observez l'arrière-train : un poil propre sans traces de diarrhée et des crottes normales, sèches et allongées.
- Observez le comportement : le cochon d'Inde est actif, mange du foin, boit et réagit aux bruits.
Les problèmes les plus fréquents
Les cochons d'Inde ont quelques problèmes typiques que tout propriétaire devrait connaître.
- Les dents. Les dents du cochon d'Inde poussent toute sa vie et ne s'usent que s'il mâche beaucoup de foin. Sans assez de foin, elles deviennent trop longues, gênent l'alimentation et blessent les joues et la langue.
- La carence en vitamine C. Comme l'homme, le cochon d'Inde ne fabrique pas sa propre vitamine C et doit la trouver dans son alimentation. En cas de carence, il souffre des articulations, ses gencives saignent et ses plaies cicatrisent mal.
- Les parasites cutanés. Acariens et poux provoquent de fortes démangeaisons, des zones dégarnies et des griffures. Ils se traitent chez le vétérinaire, pas avec des produits pour chats ou chiens.
- Les maladies respiratoires. Éternuements, écoulements du nez et des yeux, respiration sifflante sont des signes graves chez le cochon d'Inde, surtout si sa cage est exposée aux courants d'air ou à l'humidité.
- Les troubles digestifs. Si votre cochon d'Inde cesse de manger et produit peu ou pas de crottes, son intestin peut s'arrêter : c'est une urgence.
Que donner à manger à un cochon d'Inde
Le foin est la base de l'alimentation : il doit toujours être disponible, à volonté. On y ajoute des légumes frais et de la verdure riches en vitamine C, ainsi qu'une petite quantité d'aliment spécial pour cochons d'Inde. Les fruits sucrés se donnent rarement et en petite quantité, et les aliments pour lapins ou hamsters ne conviennent pas, car ils ne contiennent pas assez de vitamine C. De l'eau fraîche doit toujours être à disposition. Mieux vaut parler de tout complément ou vitamine avec votre vétérinaire.
Pourquoi un cochon d'Inde a besoin de compagnie
Les cochons d'Inde sont des animaux grégaires. Seuls, ils s'ennuient et sont stressés, et le stress fragilise leur santé. Vétérinaires et associations de protection animale conseillent de les garder au moins par deux, par exemple deux femelles ou un mâle castré avec une femelle. Les nouveaux venus doivent être présentés progressivement et gardés à part au début, pour éviter d'introduire des maladies.
Où et comment loger ses cochons d'Inde
Les cochons d'Inde ont besoin de beaucoup d'espace : une cage spacieuse ou un enclos où ils peuvent courir, se cacher dans des abris et fouiller le foin. Une cage exiguë sans cachettes est une cause fréquente de stress et de surpoids. Ils supportent mal la chaleur, les courants d'air et l'humidité : installez la cage loin des radiateurs, du soleil direct et des fenêtres ouvertes. Changez la litière régulièrement, car une litière humide et sale provoque des inflammations des pattes et de la peau.
Faut-il emmener un cochon d'Inde en bonne santé chez le vétérinaire ?
Oui. Même s'il semble en bonne santé, il est bon de faire examiner votre cochon d'Inde une fois par an par un vétérinaire qui soigne les rongeurs et les lapins. Il vérifiera les dents, y compris les molaires qu'on ne voit pas à la maison, le cœur, les poumons, le poids et la peau, et vous conseillera sur l'alimentation et l'hébergement. Les cochons d'Inde âgés, à partir de 4 ou 5 ans, ont besoin de contrôles plus fréquents.
Choisir un vétérinaire pour son cochon d'Inde
Toutes les cliniques ne sont pas aussi à l'aise avec les rongeurs. Le cochon d'Inde a sa propre anatomie, ses propres maladies et sa propre sensibilité aux médicaments : certains antibiotiques courants chez le chat et le chien lui sont dangereux. Mieux vaut donc trouver à l'avance un vétérinaire qui soigne régulièrement lapins et rongeurs, souvent appelé vétérinaire NAC (nouveaux animaux de compagnie). Demandez à la clinique si elle dispose d'un tel vétérinaire, d'une balance pour petits animaux et de la possibilité d'hospitaliser votre animal. Enregistrez son numéro dans votre téléphone tant que tout va bien : en cas d'urgence, vous n'aurez pas le temps de chercher.
Les cochons d'Inde et les enfants
On adopte souvent un cochon d'Inde « pour les enfants ». Il est effectivement calme et sociable, mais il a besoin de l'attention d'un adulte : un enfant ne remarquera pas une perte de poids, ne comprendra pas que l'animal ne mange plus et ne pourra pas l'emmener à temps chez le vétérinaire. Les vétérinaires conseillent qu'un adulte surveille la santé du cochon d'Inde et que l'enfant l'aide, par exemple en notant le poids dans un carnet après le bilan hebdomadaire. Il vaut mieux que les enfants prennent l'animal dans leurs bras assis par terre, pour qu'il ne tombe pas de haut : les chutes sont une cause fréquente de fractures chez le cochon d'Inde.
Ce que la campagne signifie pour l'Europe
Les cochons d'Inde sont populaires dans toute l'Europe, et les difficultés des propriétaires se ressemblent partout : on les considère souvent comme un animal « facile » pour les enfants, et on sous-estime leurs besoins. La campagne britannique montre bien ce que l'on peut obtenir à peu de frais : une pesée hebdomadaire et un examen de cinq minutes permettent de repérer une maladie des jours ou des semaines avant qu'elle ne devienne dangereuse. Ce bilan, vous pouvez le faire sans aucune campagne, dans n'importe quel pays et n'importe quel jour.
Quand consulter sans attendre
N'attendez pas et appelez votre vétérinaire le jour même si votre cochon d'Inde :
- ne mange plus ou ne boit plus, surtout depuis plus de 12 heures ;
- ne fait presque plus de crottes ou a la diarrhée ;
- maigrit rapidement ;
- respire difficilement, siffle, a des écoulements des yeux ou du nez ;
- reste prostré, le poil hérissé, et ne réagit pas à votre présence ;
- bave, a le menton mouillé ou essaie de manger mais laisse tomber sa nourriture.
Chez les petits animaux, chaque heure compte : mieux vaut consulter trop tôt que trop tard.
Sources
- Vet Times, 27 octobre 2026



