Sommaire
- Ce qui s’est passé dans le Northumberland
- Ce que signifient les zones autour de l’élevage
- La saison au Royaume-Uni et en Europe
- Quel est le niveau de risque
- Pourquoi le virus revient chaque automne
- Comment reconnaître la grippe aviaire chez les poules
- Ce qui arrive à l’élevage et à ses produits
- Ce que doivent faire les particuliers qui ont des poules
- Pourquoi le H5N1 est dangereux pour les chats et les chiens
- Comment protéger son animal pendant la saison de grippe aviaire
- Que faire si vous trouvez un oiseau mort
- Et ensuite
Ce qui s’est passé dans le Northumberland
Le 19 octobre 2026, le ministère britannique de l’Environnement, de l’Alimentation et des Affaires rurales (Defra) et l’Agence de la santé animale et végétale (APHA) ont confirmé l’influenza aviaire hautement pathogène de sous-type H5N1 dans un élevage commercial de volailles près de Belford, au nord du comté de Northumberland. Le cas porte la référence AIV 2026/21.
Selon la presse spécialisée, l’élevage comptait environ 30 500 poules pondeuses. Toutes les volailles seront abattues dans le respect du bien-être animal — une mesure habituelle pour empêcher le virus d’aller plus loin. On ne sait pas encore comment il est arrivé dans l’exploitation : l’enquête se poursuit.
Defra et APHA, 19–21 octobre 2026 ; presse spécialisée
Ce que signifient les zones autour de l’élevage
Une zone de protection de 3 kilomètres et une zone de surveillance de 10 kilomètres ont été instaurées autour de l’exploitation. Des règles particulières s’y appliquent à tous ceux qui détiennent des oiseaux — grands élevages comme particuliers avec quelques poules. Les volailles, les produits de volaille, les œufs, la litière et d’autres matières, voire dans certains cas des mammifères, ne peuvent être déplacés qu’avec une autorisation spéciale. Les inspecteurs vétérinaires contrôlent les élevages des zones, et les restrictions sont levées lorsque le risque de propagation diminue.
Les limites des zones sont publiées par le Defra sur une carte interactive. Si vous habitez le Northumberland et détenez des oiseaux, vérifiez si votre adresse se trouve dans l’une des zones et quelles règles vous concernent.
La saison au Royaume-Uni et en Europe
C’est déjà le deuxième cas de la saison au Royaume-Uni. Le 2 octobre, le virus de l’influenza aviaire de sous-type H5N5 a été détecté chez des oiseaux sur l’île de Lewis, en Écosse. Le pays a alors perdu son statut de territoire indemne d’influenza aviaire hautement pathogène — il ne pourra le retrouver qu’après une période sans nouveaux cas.
Le H5N1 et le H5N5 sont des variants différents du virus de sous-type H5. Tous deux sont dangereux pour les oiseaux, tous deux sont transportés par les oiseaux sauvages, et les mesures de lutte sont les mêmes.
L’Angleterre n’est pas le seul pays où la saison a commencé. Fin octobre, le Danemark a signalé des foyers dans des élevages de dindes, et en Allemagne le virus a été confirmé dans trois élevages du Schleswig-Holstein. Selon les bilans de la filière pour la période du 21 au 26 octobre, l’Europe a recensé depuis le début de 2026 plus de 300 foyers chez les volailles domestiques dans 16 pays et environ 2 700 cas chez les oiseaux sauvages dans 33 pays. Avec la migration d’automne, le nombre de découvertes augmente généralement : les services vétérinaires de nombreux pays surveillent donc de très près les oiseaux sauvages et demandent de signaler toute découverte suspecte.
Quel est le niveau de risque
Les experts vétérinaires britanniques jugent le risque d’influenza aviaire hautement pathogène chez les oiseaux sauvages moyen : ces découvertes sont régulières. Pour les volailles, le risque est faible là où la biosécurité est mal appliquée, et très faible dans les élevages qui la respectent strictement et en permanence. Les deux évaluations sont assorties d’une forte incertitude — en automne, la situation peut évoluer vite.
La grippe aviaire est avant tout une maladie des oiseaux, et le risque pour la santé publique est très faible.
Agence britannique de sécurité sanitaire (UKHSA)
L’Agence des normes alimentaires (FSA) rappelle que la viande de volaille et les œufs bien cuits ne présentent pas de danger.
Pourquoi le virus revient chaque automne
La grippe aviaire est propagée surtout par les oiseaux d’eau sauvages — canards, oies, cygnes, mouettes. À l’automne, des millions d’oiseaux traversent l’Europe du Nord et les îles Britanniques pour rejoindre leurs quartiers d’hiver et font halte sur les lacs, les côtes et les champs. Le virus est excrété dans les fientes et peut entrer dans un élevage par l’aliment, l’eau, la litière, les chaussures et les véhicules.
Le variant H5N1 qui s’est répandu en Europe depuis 2020–2021 est bien adapté aux oiseaux sauvages : il ne disparaît plus l’été comme autrefois, mais persiste toute l’année. C’est pourquoi des foyers apparaissent désormais presque chaque automne et chaque hiver.
Plus le virus circule dans la nature, plus il atteint souvent les mammifères qui mangent des oiseaux. Au Royaume-Uni, on l’a retrouvé lors des saisons précédentes chez des renards, des loutres et des phoques. C’est l’une des raisons pour lesquelles les vétérinaires demandent aux propriétaires de chats et de chiens d’être particulièrement attentifs en ce moment.
Comment reconnaître la grippe aviaire chez les poules
L’influenza aviaire hautement pathogène évolue très vite, et le premier signe est souvent la mort subite de plusieurs oiseaux. Doivent aussi alerter :
- l’abattement, les plumes ébouriffées, le refus de manger et de boire ;
- une forte chute de la ponte, des œufs à coquille fine ou molle ;
- un gonflement de la tête et du cou, une crête et des barbillons bleuâtres ou foncés ;
- des écoulements du bec et des yeux, des difficultés respiratoires, de la diarrhée ;
- des troubles de la coordination : l’oiseau titube, tombe ou tient la tête de façon anormale.
La grippe aviaire est une maladie à déclaration obligatoire. Si vous la soupçonnez chez vos oiseaux, ne les transportez nulle part vous-même : appelez votre vétérinaire ou les services vétérinaires et suivez leurs instructions.
Ce qui arrive à l’élevage et à ses produits
Les volailles d’un élevage où le virus est confirmé sont abattues et éliminées sous contrôle vétérinaire, puis les bâtiments sont nettoyés et désinfectés. Au Royaume-Uni, l’éleveur est indemnisé pour les oiseaux sains qui ont dû être abattus pour lutter contre la maladie. Les œufs et la viande d’un élevage infecté ne sont pas commercialisés : les consommateurs n’ont donc rien à changer à leurs habitudes — il suffit, comme toujours, de bien cuire la volaille.
Ce que doivent faire les particuliers qui ont des poules
Beaucoup de gens gardent quelques poules ou canards pour leurs œufs. Le nombre d’oiseaux dans le jardin n’a aucune importance pour le virus, les règles sont donc les mêmes que pour les élevages :
- abritez l’aliment et l’eau ou placez-les à l’intérieur pour que les oiseaux sauvages ne puissent pas y accéder ;
- ne laissez pas vos oiseaux aller vers les mares et les endroits où se rassemblent les oiseaux d’eau sauvages ;
- gardez une paire de chaussures réservée au poulailler ou désinfectez vos chaussures avant d’entrer ;
- tenez les visiteurs à l’écart de vos oiseaux et ne partagez pas votre matériel avec les voisins ;
- déclarez vos oiseaux : en Grande-Bretagne, tous les détenteurs y sont obligés depuis décembre 2024, même avec quelques poules — les services vétérinaires peuvent ainsi vous prévenir rapidement d’un foyer à proximité ;
- si quelque chose dans le comportement de vos oiseaux vous inquiète, signalez-le tout de suite à votre vétérinaire ou à l’APHA, sans attendre que d’autres tombent malades.
Pourquoi le H5N1 est dangereux pour les chats et les chiens
Les chats font partie des rares animaux de compagnie qui tombent gravement malades à cause du H5N1. Ils s’infectent le plus souvent en chassant ou en mangeant un oiseau malade, ou en mangeant de la viande crue de volaille infectée. L’Europe a déjà connu de tels cas, notamment en Pologne en 2023. Les chats atteints ont une forte fièvre, ne mangent plus, respirent difficilement, présentent des écoulements des yeux et du nez, puis des tremblements, des convulsions et des troubles de la coordination.
Les chiens s’infectent beaucoup plus rarement, mais la règle est la même pour eux : ne pas toucher ni manger d’oiseaux morts.
Si votre chat ramène malgré tout un oiseau, pas de panique : la plupart des oiseaux attrapés sont en bonne santé. Mettez des gants ou ramassez la proie à travers un sac, fermez-le bien et jetez-le dans une poubelle fermée. Lavez-vous les mains et nettoyez l’endroit où se trouvait l’oiseau. Observez votre chat dans les jours qui suivent : mange-t-il, tousse-t-il, est-il abattu, marche-t-il bizarrement ? Au moindre de ces signes, appelez le vétérinaire et mentionnez bien le contact avec l’oiseau — la clinique pourra alors vous recevoir avec les précautions nécessaires.
Comment protéger son animal pendant la saison de grippe aviaire
- Tenez votre chien en laisse près des plans d’eau, sur la côte et dans les champs où il y a beaucoup d’oiseaux sauvages.
- Ne laissez pas votre chien ou votre chat toucher, mâchouiller ou rapporter des oiseaux morts.
- Ne donnez pas de viande crue de volaille ni d’abats d’origine inconnue.
- Si vous habitez près d’un foyer, limitez si possible les sorties de votre chat.
- Si votre chat ou votre chien a pu être en contact avec un oiseau et devient abattu, fiévreux, tousse ou titube, appelez le vétérinaire et prévenez la clinique du contact à l’avance.
Que faire si vous trouvez un oiseau mort
Ne touchez pas et ne déplacez pas les oiseaux sauvages morts ou malades. Signalez aux services vétérinaires la découverte d’oiseaux d’eau, de rapaces ou de plusieurs oiseaux morts au même endroit — en Grande-Bretagne, le Defra dispose d’un service de signalement dédié, en France on s’adresse à la direction départementale chargée de la protection des populations ou à l’Office français de la biodiversité. Si vous avez touché des fientes ou des plumes, lavez-vous soigneusement les mains au savon. Expliquez aux enfants qu’il ne faut pas toucher les oiseaux à terre, même pour les aider.
Et ensuite
La saison de grippe aviaire dure généralement jusqu’au printemps. Si le risque augmente, les autorités peuvent à nouveau instaurer une zone de prévention de la grippe aviaire avec des mesures de biosécurité obligatoires et la mise à l’abri des volailles, comme les hivers précédents. Suivez les annonces du Defra et des services vétérinaires locaux : on y publie les nouveaux cas, les cartes des zones et les règles pour les détenteurs d’oiseaux. Les éleveurs britanniques ont intérêt à s’abonner aux alertes gratuites de l’APHA sur les maladies animales : ils apprendront ainsi le jour même l’existence d’un foyer près de chez eux.
Sources
- Defra et APHA, fiche du cas AIV 2026/21, 19 octobre 2026
- Defra, grippe aviaire : situation en Angleterre, 21 octobre 2026
- WATTPoultry, octobre 2026
- Farming Life, octobre 2026



