Sommaire
- Ce qui s’est passé dans le Schleswig-Holstein
- Les mesures prises par le Land
- Pourquoi il y a plus de foyers en automne
- Ce qui se passe dans le reste de l’Europe
- Pourquoi ce virus s’est autant répandu
- Pourquoi le H5N1 est dangereux pour les chats
- Que faire si le chat a attrapé un oiseau
- Et les chiens ?
- Un chat qui ne sort pas peut-il être contaminé ?
- Comment le vétérinaire pose le diagnostic
- Le virus est-il dangereux pour l’homme ?
- Ce que doivent faire les propriétaires de chats et de chiens
Ce qui s’est passé dans le Schleswig-Holstein
Depuis le 21 octobre, le virus de l’influenza aviaire hautement pathogène de sous-type H5N1 a été détecté dans trois élevages de volailles du nord de l’Allemagne — dans les districts de Frise-du-Nord, Segeberg et Schleswig-Flensburg. Dans tous les cas, le diagnostic a été confirmé par l’institut Friedrich-Loeffler (FLI), le centre de recherche fédéral chargé des maladies animales.
Dans le village de Bark, dans le district de Segeberg, tout le cheptel de l’élevage a été abattu. Autour de l’exploitation, une zone de protection d’au moins 3 kilomètres et une zone de surveillance d’au moins 10 kilomètres ont été instaurées — cette dernière déborde même sur le district voisin de Stormarn. À Wanderup (district de Schleswig-Flensburg), le virus a été trouvé chez des oies : plus d’un millier d’oiseaux ont dû être abattus.
Le virus a aussi été détecté dans la nature. Le FLI a déjà confirmé deux cas chez des oiseaux sauvages, et plus de 30 échantillons jugés positifs à titre provisoire par le laboratoire du Land attendent une confirmation définitive.
Les mesures prises par le Land
Le ministère de l’Agriculture du Schleswig-Holstein a publié un arrêté général sur les mesures de biosécurité, en vigueur dans tout le Land depuis le 27 octobre. Il concerne tous ceux qui détiennent des volailles — pas seulement les grands élevages, mais aussi les amateurs qui ont quelques poules au jardin. La ministre de l’Agriculture du Land a appelé à respecter strictement ces règles et averti que la situation pourrait devenir difficile dans les semaines à venir.
La liste exacte des exigences est publiée par le ministère et les services vétérinaires des districts. En règle générale, il s’agit d’empêcher les oiseaux sauvages d’accéder à l’aliment, à l’eau et à la litière des volailles, d’entrer dans le poulailler avec des chaussures et des vêtements réservés, et de signaler immédiatement aux vétérinaires les oiseaux malades ou morts.
Pourquoi il y a plus de foyers en automne
La grippe aviaire est propagée avant tout par les oiseaux d’eau sauvages. À l’automne, ils migrent en masse vers leurs quartiers d’hiver, font halte sur les plans d’eau et dans les champs et peuvent contaminer les volailles — directement ou par l’aliment, l’eau et les fientes. Le 23 octobre, le FLI a averti que le nombre de détections chez les oiseaux sauvages et domestiques augmenterait en octobre.
Le service vétérinaire danois, qui a enregistré deux foyers dans des élevages de dindes en une semaine, décrit le même phénomène.
C’est généralement lorsque les oiseaux migrateurs survolent le Danemark que nous observons le plus de cas d’influenza aviaire hautement pathogène.
Administration vétérinaire et alimentaire danoise, 23 octobre 2026
Ce qui se passe dans le reste de l’Europe
L’Allemagne n’est pas le seul pays où la saison a commencé. Le 19 octobre, les services vétérinaires britanniques ont confirmé le H5N1 dans un élevage de volailles près de Belford, dans le Northumberland — le premier foyer en élevage en Angleterre pour la saison 2026/27. Le 23 octobre, le Danemark a signalé son premier foyer depuis avril : 40 000 dindes à Bøgelunde, et quelques jours plus tard le virus a été trouvé dans un second élevage de dindes, sur l’île de Lolland.
Bilans de la filière du 21 au 26 octobre 2026
Pourquoi ce virus s’est autant répandu
Les virus de l’influenza aviaire peuvent être faiblement pathogènes — ils provoquent une maladie bénigne — ou hautement pathogènes, et tuent alors les volailles en quelques jours. L’actuel H5N1 appartient à la seconde catégorie. Le variant qui circule en Europe depuis 2020–2021 s’est révélé exceptionnellement adapté aux oiseaux sauvages : il ne disparaît plus l’été comme auparavant, mais persiste toute l’année et se propage de nouveau avec la migration à chaque automne.
Plus le virus est présent dans la nature, plus il atteint souvent les mammifères. En Europe, on l’a retrouvé chez des renards, des loutres, des phoques et, en 2022, dans un élevage de visons en Espagne. Les services vétérinaires surveillent donc aussi de près les animaux de compagnie susceptibles d’attraper ou de manger un oiseau malade — avant tout les chats.
Pourquoi le H5N1 est dangereux pour les chats
Les chats font partie des rares animaux de compagnie qui tombent vraiment gravement malades à cause du H5N1. Ils s’infectent le plus souvent en chassant ou en mangeant un oiseau malade, au contact de ses fientes ou en mangeant de la viande crue de volaille infectée.
L’Europe a déjà connu de tels cas. À l’été 2023, le virus a été confirmé chez 24 chats en Pologne, et selon l’enquête plus de la moitié d’entre eux avaient été nourris avec de la volaille crue. En février 2026, un foyer dans une petite basse-cour de 21 oiseaux du district de Sigmaringen, dans le sud de l’Allemagne, a aussi touché neuf chats : le virus a été confirmé par analyse chez trois animaux, et des anticorps ont été trouvés chez les chats survivants. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a indiqué que fin 2025 le virus avait de nouveau été trouvé chez des chats dans deux pays européens — très probablement après un contact avec des oiseaux sauvages.
D’après les vétérinaires, les chats malades peuvent présenter :
- de l’abattement, une perte d’appétit et une forte fièvre ;
- de la toux, des difficultés respiratoires, des écoulements des yeux et du nez ;
- des troubles de la coordination, des tremblements, des convulsions.
La maladie peut évoluer rapidement. Si votre chat sort ou a pu attraper un oiseau et présente ces signes, consultez immédiatement un vétérinaire et prévenez la clinique à l’avance pour qu’elle vous reçoive avec les précautions nécessaires.
Que faire si le chat a attrapé un oiseau
Inutile de paniquer : la plupart des oiseaux attrapés par les chats sont en bonne santé. Mais pendant la saison de grippe aviaire, surtout près des lieux où le virus a été trouvé, mieux vaut prendre ses précautions :
- retirez la proie avec des gants ou à l’aide d’un sac et jetez-la dans une poubelle fermée ; s’il y a plusieurs oiseaux ou de grands oiseaux d’eau, prévenez les services vétérinaires ;
- lavez-vous les mains et ne laissez pas les enfants toucher l’oiseau ;
- surveillez votre chat les jours suivants : s’il est abattu, ne mange plus, tousse ou titube, appelez le vétérinaire et parlez-lui du contact avec l’oiseau ;
- si possible, limitez les sorties du chat tant que des mesures contre la grippe aviaire sont en vigueur dans votre secteur.
Et les chiens ?
Les chiens s’infectent beaucoup plus rarement que les chats. En Italie, en 2023, des anticorps contre le virus ont néanmoins été trouvés chez plusieurs chiens vivant près de volailles malades. Les règles sont donc les mêmes pour les chiens : ne pas les laisser toucher ni manger d’oiseaux morts et ne pas leur donner de volaille crue d’origine inconnue.
Un chat qui ne sort pas peut-il être contaminé ?
Pour un chat d’intérieur, le risque est bien plus faible que pour un chat qui sort, mais il n’est pas nul. La principale voie est l’alimentation. Aux États-Unis, en 2024–2025, des chats sont tombés malades après avoir mangé des aliments crus à base de volaille ou bu du lait cru provenant de fermes où le virus avait été trouvé chez des vaches, et des fabricants ont dû rappeler ces aliments. Le conseil de l’EFSA de ne pas donner de volaille crue aux animaux vaut donc aussi pour les chats qui ne sortent jamais.
La seconde voie, c’est ce que l’on rapporte de l’extérieur. Pendant la saison de grippe aviaire, les vétérinaires conseillent de retirer ses chaussures à l’entrée, surtout après une promenade près de plans d’eau et de champs où il y a beaucoup de fientes, et de se laver les mains avant de nourrir son chat. Ce sont des habitudes simples qui ne coûtent presque rien.
Comment le vétérinaire pose le diagnostic
D’après les symptômes, la grippe aviaire est difficile à distinguer d’autres maladies : le coryza, d’autres infections virales et des intoxications se ressemblent. Le vétérinaire prélève donc des écouvillons dans le nez, la gorge ou les yeux et les envoie au laboratoire pour une PCR — une analyse qui détecte le matériel génétique du virus. Si le virus est confirmé, le cas est signalé aux services vétérinaires : les infections chez les mammifères sont suivies afin de repérer à temps si le virus commence à se transmettre plus facilement entre eux.
Il n’existe pas de médicament autorisé contre la grippe aviaire chez le chat. Le vétérinaire soutient l’organisme : perfusions, oxygène, médicaments contre la fièvre et la déshydratation. Plus la prise en charge est précoce, plus les chances sont grandes : il est donc important de dire tout de suite à la clinique que le chat a pu être en contact avec un oiseau.
Le virus est-il dangereux pour l’homme ?
Les autorités européennes jugent le risque pour la population faible : l’homme s’infecte très rarement et presque toujours lors d’un contact étroit avec des oiseaux malades. Il ne faut cependant pas toucher les oiseaux sauvages malades, affaiblis ou morts, et il est bon de se laver les mains après une promenade dans des lieux où ils sont nombreux. Si vous trouvez plusieurs oiseaux sauvages morts, signalez-le aux services vétérinaires locaux.
Ce que doivent faire les propriétaires de chats et de chiens
- Tenez votre chien en laisse près des lacs, des rivières et des champs où se rassemblent les oiseaux sauvages.
- Ne laissez pas votre animal toucher, mâchouiller ou manger des oiseaux morts.
- Ne donnez pas de viande crue de volaille ni d’abats à vos chats et chiens — l’EFSA le déconseille expressément tant que le virus circule activement.
- Si les autorités recommandent de garder les chats à l’intérieur dans votre secteur, suivez cette consigne — la restriction est généralement temporaire.
- Si vous avez des poules ou des canards au jardin, abritez l’aliment et l’eau pour que les oiseaux sauvages n’y accèdent pas, et changez de chaussures avant d’aller voir vos oiseaux.
- Si un chat ou un chien qui a pu être en contact avec des oiseaux devient abattu ou a des problèmes respiratoires ou de coordination, n’attendez pas — allez immédiatement chez le vétérinaire.
La saison de grippe aviaire dure généralement jusqu’au printemps. Suivez les communiqués des services vétérinaires de votre région : on y publie les zones réglementées et les recommandations à jour.
Sources
- Institut Friedrich-Loeffler (FLI), 23 octobre 2026
- Ministère de l’Agriculture du Schleswig-Holstein, 26–27 octobre 2026
- Administration vétérinaire et alimentaire danoise, 23 octobre 2026
- Services vétérinaires britanniques (GOV.UK), 19 octobre 2026
- Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), 2025–2026



