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« Il nous manque du sang » : au Japon, les cliniques peinent à sauver des chiens faute de donneurs, et des chercheurs tentent de créer des globules rouges à partir de cellules souches

Le 3 novembre, le journal Mainichi, citant l'agence Kyodo, a rapporté que les cliniques vétérinaires japonaises peinent à trouver du sang pour les chiens : il n'existe pas de système d'approvisionnement unique, et une banque de sang de Kyoto ne compte que trois chiens donneurs. Des chercheurs d'Osaka cultivent à partir de cellules souches des cellules ressemblant à des globules rouges, mais pour l'instant seules 3 % des cellules y parviennent. Voici comment fonctionne le don de sang chez le chien, qui peut donner et où en est l'Europe.

10 min de lecture
Golden retriever avec un vétérinaire en tenue de soins
Photo: Freepik
Sommaire
  1. Ce qui s'est passé
  2. Pourquoi les donneurs manquent
  3. Un choix difficile pendant l'opération
  4. Pourquoi on ne peut pas simplement partager
  5. Ce que font les chercheurs
  6. Quel a été le résultat
  7. Quand un chien a besoin d'une transfusion
  8. Les groupes sanguins du chien
  9. Qui peut être donneur
  10. Est-ce douloureux pour le chien ?
  11. Ce que vous y gagnez
  12. Où en est l'Europe
  13. Et les chats ?
  14. D'autres recherches sur le sang
  15. Ce que vous pouvez faire à l'avance
  16. Comment prévenir les pertes de sang
  17. Les chiens qui ont besoin de transfusions régulières
  18. Comment fonctionnent les banques de sang européennes
  19. Pourquoi un système national est important
  20. Ce que cela signifie pour l'Europe
  21. Quand consulter un vétérinaire

Ce qui s'est passé

Le 3 novembre 2026, le journal japonais Mainichi a publié un article de l'agence Kyodo sur le manque de sang pour les chiens. Contrairement aux humains, les chiens n'ont pas de système national d'approvisionnement au Japon. Chaque clinique vétérinaire doit trouver elle-même du sang pour les animaux victimes de fortes pertes de sang après un accident ou pendant une opération.

Takashi Mori, directeur de la clinique Daktari à Kyoto, raconte que sa clinique tient une banque de sang et une liste de chiens donneurs qu'on peut appeler rapidement, mais que cette liste ne compte que trois chiens. Selon lui, il manque tout simplement du sang.

Les chiffres clésLe manque de sang pour les chiens au Japon
3chiens sur la liste des donneursclinique Daktari, Kyoto
3 %des cellules de départ ressemblaient à des globules rougesessai de l'équipe d'Osaka
près d'1 moisde culture des cellules en laboratoiredans l'étude annoncée en juillet
0système national d'approvisionnementchaque clinique a ses propres réserves

Kyodo via Mainichi ; novembre 2026

Pourquoi les donneurs manquent

Autrefois, les vétérinaires avaient souvent leurs propres chiens donneurs, mais c'est de plus en plus difficile pour des raisons de bien-être animal. La quantité de sang d'un chien est limitée par son poids, et il faut laisser passer assez de temps entre les dons. Quand les réserves s'épuisent, les employés de la clinique amènent parfois leurs propres chiens pour donner leur sang. Peu de propriétaires acceptent une sédation de leur chien pour un prélèvement.

Un choix difficile pendant l'opération

Le manque oblige à des décisions difficiles. Si une tumeur se rompt pendant l'opération, le sang est parfois aspiré puis réinjecté dans le corps du chien. En cas de tumeur maligne, cela peut disséminer des cellules cancéreuses, mais selon Mori, c'est mieux que de voir le chien mourir sur la table par manque de sang. Pour les chiens atteints de maladies qui demandent des transfusions régulières, les vétérinaires doivent parfois dire qu'il sera difficile de les maintenir en vie.

Pourquoi on ne peut pas simplement partager

Selon les règles pharmaceutiques japonaises, le sang de chien est considéré comme un médicament vétérinaire. Les restrictions sur la cession et la vente empêchent les cliniques voisines de partager leurs réserves. Mais Mori estime qu'assouplir les règles ne suffira pas : les donneurs resteront rares, et une grande banque de sang commerciale serait difficilement rentable avec de tels volumes.

Ce que font les chercheurs

L'équipe dirigée par Shingo Hatoya, de l'université métropolitaine d'Osaka, cherche à savoir si l'on peut obtenir des globules rouges de chien à partir de cellules souches pluripotentes induites. Ces cellules peuvent se transformer en différentes cellules du corps. Dans l'étude annoncée en juillet, les chercheurs leur ont ajouté des protéines et les ont cultivées en laboratoire pendant près d'un mois.

Quel a été le résultat

Une partie des cellules a fini par ressembler à des globules rouges et contenait de l'hémoglobine, le composant essentiel du sang. Mais seules environ 3 % des cellules de départ ont suivi ce chemin, et la technique n'est donc pas encore prête pour les transfusions. Hatoya espère qu'un jour les chiens pourront recevoir du sang sans dépendre de donneurs. Mais ces travaux sont encore loin de la clinique, et il faudra des années de recherche.

Quand un chien a besoin d'une transfusion

Le sang est nécessaire en cas d'accident, de forte hémorragie pendant une opération, de rupture de tumeur (surtout de la rate), d'empoisonnement à la mort-aux-rats, d'anémie sévère et de troubles de la coagulation. Parfois, il ne faut pas du sang total, mais seulement du plasma ou des globules rouges. Pour beaucoup de ces chiens, la transfusion est une question de vie ou de mort : sans elle, le vétérinaire n'osera peut-être pas opérer.

Les groupes sanguins du chien

Le chien a plusieurs systèmes de groupes sanguins, le plus important étant le DEA 1. Il supporte généralement la première transfusion mieux qu'un humain, mais le risque de réaction augmente avec les suivantes. Le vétérinaire fait donc un test de compatibilité avant la transfusion. Le sang de chien ne peut pas servir pour un chat : les chats ont leurs propres groupes sanguins, et une erreur peut être mortelle.

Qui peut être donneur

Les exigences varient selon les pays et les cliniques, mais le donneur est généralement un chien en bonne santé, âgé d'environ un à huit ans, pesant au moins 25 kilos, calme, vacciné et protégé contre les parasites, sans médicaments et non gestant. Avant le don, il est examiné et ses analyses sont vérifiées. Les chiens donnent le plus souvent leur sang sans anesthésie s'ils sont patients et habitués aux humains.

Est-ce douloureux pour le chien ?

La procédure ressemble au don de sang chez l'humain : le sang est prélevé dans une veine du cou, généralement en 10 à 15 minutes. Dans certains pays, les chiens calmes ne reçoivent pas de calmant, dans d'autres, comme au Japon, la sédation est courante. Après le don, le chien reçoit de l'eau, de la nourriture et une friandise, et rentre le jour même. Ne le surmenez pas ce jour-là et surveillez son humeur. Une bonne clinique ne retiendra pas un chien de force s'il est agité.

Ce que vous y gagnez

Dans de nombreux pays, le don n'est pas rémunéré, mais le chien bénéficie d'un examen et d'analyses gratuits, parfois aussi de nourriture ou de réductions. Le principal avantage est de savoir que votre animal peut en sauver un autre. Si votre chien convient, demandez à la clinique la plus proche ou au centre hospitalier universitaire s'ils ont un programme de don et quelles règles s'appliquent.

Où en est l'Europe

En Europe, la situation est meilleure, mais variable. Au Royaume-Uni, Pet Blood Bank collecte depuis longtemps du sang dans tout le pays, et ailleurs il existe des banques universitaires et privées. À Strasbourg, une banque de sang pour animaux a ouvert en 2025 et les dons augmentent, selon les médias français. À Heverlee, en Belgique, un vétérinaire organise cette semaine une journée de don de sang.

Et les chats ?

Pour les chats, le don est plus compliqué : ils supportent moins souvent la procédure calmement, une légère sédation est généralement nécessaire et la quantité de sang est très faible. La compatibilité entre les groupes A, B et AB est plus stricte, et même une première transfusion sans test peut être mortelle. Les programmes de don pour chats sont donc encore plus rares, et beaucoup de cliniques ont des chats donneurs réguliers parmi ceux de leurs employés.

D'autres recherches sur le sang

En parallèle, des chercheurs et des entreprises travaillent à la conservation du sang et à de meilleurs tests. Aux États-Unis, par exemple, l'université de l'État de Washington a fait état de recherches qui pourraient aider les chiens ayant de graves hémorragies. De nouveaux tests de coagulation apparaissent aussi. Ensemble, ces travaux peuvent rendre les transfusions plus sûres, mais ils ne remplaceront pas les donneurs en bonne santé dans les prochaines années.

Ce que vous pouvez faire à l'avance

  1. Renseignez-vous sur la clinique de garde qui dispose d'une réserve de sang.
  2. Demandez le groupe sanguin de votre chien, surtout s'il est souvent opéré.
  3. Parlez du don si votre chien est grand et calme.
  4. Gardez les documents médicaux à portée de main : cela accélère la décision en cas d'urgence.
  5. Tenez les substances toxiques et la mort-aux-rats hors de portée des chiens.

Comment prévenir les pertes de sang

Beaucoup de transfusions sont dues à des accidents et à des empoisonnements. Tenez votre chien en laisse près des routes, ne laissez pas de mort-aux-rats à sa portée et montrez régulièrement les chiens âgés au vétérinaire : une tumeur de la rate est souvent découverte à l'échographie avant de se rompre. Soyez particulièrement attentif aux races prédisposées à ces tumeurs, comme les bergers allemands et les golden retrievers.

Les chiens qui ont besoin de transfusions régulières

Dans certaines maladies, comme l'anémie hémolytique à médiation immune, un chien peut avoir besoin de plusieurs transfusions avant que le traitement n'agisse. Pour vous, c'est beaucoup de stress et de grosses dépenses. Interrogez votre vétérinaire sur le plan de traitement et les chances, renseignez-vous sur les réserves de la clinique et n'hésitez pas à demander un autre avis si cela aide à décider.

Comment fonctionnent les banques de sang européennes

Au Royaume-Uni, l'association Pet Blood Bank organise des collectes dans tout le pays et fournit du sang aux cliniques. Dans d'autres pays, les réserves sont plus souvent détenues par les universités et les cliniques privées. Le sang est séparé en composants, pour qu'un seul don aide plusieurs patients. Cette approche ne résout qu'en partie le problème des cliniques japonaises : il faut toujours des donneurs réguliers et des règles permettant d'échanger les réserves.

Pourquoi un système national est important

Si le Japon avait un réseau unique, le sang pourrait être transporté rapidement là où il faut. Aujourd'hui, même les cliniques voisines sont limitées par les règles. L'exemple de la médecine humaine montre qu'un stockage centralisé et le partage des données réduisent les pertes et les pénuries. Pour les animaux, ces systèmes commencent à peine à se développer et dépendent de la bonne volonté des propriétaires et des vétérinaires.

Ce que cela signifie pour l'Europe

Même si l'Europe a des banques de sang, la demande augmente avec le nombre d'opérations complexes et d'animaux âgés. L'expérience japonaise montre à quelle vitesse le manque de donneurs devient une question de survie. Les Européens ont intérêt à soutenir les programmes de don et à réfléchir à des règles communes pour le passage du sang entre cliniques, surtout à la campagne.

Quand consulter un vétérinaire

Emmenez immédiatement votre chien à la clinique en cas de forte hémorragie, après un accident, si ses gencives sont pâles, s'il est faible, s'évanouit, a le ventre gonflé ou s'il a pu manger de la mort-aux-rats. Appelez avant de partir, pour que la clinique ait le temps de se préparer et de vérifier sa réserve de sang. En route, gardez votre chien au chaud et si possible au calme.

Sources

  1. Mainichi / Kyodo, 3 novembre 2026
Thème: RechercheAnimaux: ChiensPays: Japon