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Des vipères du désert en bagage à main : la douane de Prague a saisi plus d'une centaine d'animaux et de plantes en saison de vacances, et des serpents d'Arménie ont dû être euthanasiés

Le 31 octobre, la télévision tchèque a dressé le bilan de la saison de vacances à l'aéroport Václav-Havel de Prague : les douaniers ont saisi plus d'une centaine d'animaux, de plantes et de produits qui en sont issus. Au printemps, des passagers venus d'Arménie transportaient des serpents vivants en bagage à main. Ces espèces ne sont pas protégées par la convention CITES, mais les serpents n'ont pas été admis et un vétérinaire a ordonné leur euthanasie. Voici ce que trouvent encore les douaniers, pourquoi un souvenir peut coûter jusqu'à 1,5 million de couronnes et comment rapporter légalement un animal.

9 min de lecture
Serpent rayé rouge et noir dans une main
Photo: Freepik
Sommaire
  1. Ce qu'ont trouvé les douaniers
  2. Les serpents d'Arménie
  3. Crocodiles, requins et papillons
  4. Des perroquets dans des bouteilles en plastique
  5. Où les infractions sont le plus souvent découvertes
  6. Souvenirs de vacances
  7. Qu'est-ce que la CITES
  8. Pourquoi on ne peut pas simplement rapporter un serpent ou un lézard
  9. Ce que deviennent les animaux saisis
  10. Pourquoi la contrebande nuit à la faune sauvage
  11. Si vous voulez malgré tout un serpent ou un lézard
  12. Ce qu'il ne faut pas acheter en voyage
  13. Comment rapporter légalement un animal de voyage
  14. Chiens et chats : un cas à part
  15. Le risque pour la santé
  16. Que faire si vous avez déjà acheté un souvenir douteux
  17. Ce que cela signifie pour l'Europe
  18. Quand consulter un vétérinaire

Ce qu'ont trouvé les douaniers

Le 31 octobre 2026, la télévision tchèque (ČT24) a dressé le bilan de la saison estivale des vacances à l'aéroport Václav-Havel de Prague. Pendant cette période, les douaniers ont saisi plus d'une centaine de plantes et d'animaux et de produits qui en sont issus. Parmi les découvertes : du collagène de requin, un sac à main en jeune crocodile, des serpents vivants en bagage à main et un papillon exotique protégé naturalisé.

Les chiffres clésCe qui a été saisi à l'aéroport de Prague
100+animaux et plantes saisisen saison de vacances 2026
17pousses d'une plante carnivore protégée vivantedécouverte de juillet
1,5 million de couronnesamende maximalepour contrebande d'espèces protégées
4terminaux contrôlés par les douanierssurtout les vols hors d'Europe

ČT24, douane de Prague-Ruzyně ; 31 octobre 2026

Les serpents d'Arménie

L'histoire la plus insolite de la saison a eu lieu au printemps. Des passagers venus d'Arménie transportaient en bagage à main des serpents vivants : des couleuvres du désert et des vipères du désert.

Il ne s'agissait pas de spécimens inscrits à la convention CITES, mais les serpents n'ont quand même pas été admis, et le vétérinaire a malheureusement dû ordonner leur euthanasie. C'étaient des espèces de reptiles non invasives.

Igor Lenský, porte-parole du bureau de douane de Prague-Ruzyně

La douane n'a pas détaillé les raisons de cette décision. L'entrée d'animaux vivants dans l'UE depuis l'extérieur exige en général des documents vétérinaires et un contrôle, et les animaux transportés dans une poche ou un bagage à main n'en ont le plus souvent pas, et leur état de santé est inconnu.

Crocodiles, requins et papillons

En juillet, les douaniers ont trouvé 17 pousses d'une plante carnivore protégée vivante. Ont également été saisis cette saison des papillons protégés naturalisés, un sac à main en peau de jeune crocodile, une veste en crocodile, du collagène de requin bleu et des préparations à base de plantes protégées.

Le plus souvent, la douane a affaire à des produits de médecine traditionnelle chinoise contenant des plantes et des animaux protégés. On les trouve lors des contrôles des vols hors d'Europe, mais aussi des vols de l'espace Schengen.

Des perroquets dans des bouteilles en plastique

Selon Igor Lenský, les découvertes dépendent de la provenance de l'avion. D'Asie viennent plus souvent des serpents et des préparations à base de plantes protégées. D'Amérique du Sud, on tente de faire passer des poussins de perroquets ou leurs œufs, que les trafiquants cachent dans des bouteilles en plastique. Pour les oiseaux, ce voyage est une rude épreuve : beaucoup meurent en route d'asphyxie, de froid, de déshydratation et de stress.

Où les infractions sont le plus souvent découvertes

Selon le porte-parole, la plupart des découvertes ont lieu lors du contrôle des arrivées au terminal 1, où atterrissent les vols hors d'Europe, et au terminal 2, réservé aux vols Schengen. Des infractions sont aussi repérées de temps à autre aux terminaux 3 et 4. Les douaniers classent les saisies par provenance : l'origine de l'avion détermine en grande partie ce qu'ils cherchent dans les bagages.

Souvenirs de vacances

Selon les douaniers, beaucoup de passagers ne se doutent même pas que leur achat est soumis à des restrictions : ils rapportent simplement un animal ou une plante en souvenir.

Souvent, nous achetons quelque chose de bonne foi, sans nous douter que cela peut faire l'objet d'une procédure pour infraction.

Igor Lenský, porte-parole du bureau de douane de Prague-Ruzyně

En Tchéquie, la contrebande d'espèces protégées est passible d'une amende allant jusqu'à un million et demi de couronnes.

Qu'est-ce que la CITES

La CITES est la convention internationale sur le commerce des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction. Elle répartit les espèces protégées en groupes : le commerce des plus rares est presque interdit, pour d'autres il faut des permis d'exportation et d'importation. L'UE applique la convention par ses propres règles, souvent plus strictes. La protection couvre non seulement les animaux vivants, mais aussi les produits qui en sont issus (peau, os, carapace, insectes séchés, coraux), ainsi que les plantes, des orchidées aux cactus.

Pourquoi on ne peut pas simplement rapporter un serpent ou un lézard

Même si l'espèce n'est pas protégée, un animal vivant n'est pas un bagage ordinaire. Sa santé est inconnue, il peut porter des parasites et des infections dangereux pour d'autres animaux et pour l'humain, et il meurt vite dans de mauvaises conditions. Voyager dans une poche ou une bouteille est un supplice pour lui. L'importation d'animaux vivants exige donc des documents vétérinaires et parfois des permis des autorités de protection de la nature, à obtenir à l'avance.

Ce que deviennent les animaux saisis

Les animaux vivants saisis sont, si possible, confiés à des centres de sauvetage, des zoos ou des structures spécialisées capables de détenir des espèces exotiques. Mais on peut rarement les rendre à la nature : l'animal peut être malade, son origine est inconnue et on ne peut pas le relâcher sous un climat étranger. Certains meurent en route ou peu après la saisie de stress, de froid et de déshydratation. Toute tentative de transporter un animal vivant dans une poche ou une bouteille finit donc presque toujours mal pour lui.

Pourquoi la contrebande nuit à la faune sauvage

Quand des touristes achètent des animaux vivants ou des produits qui en sont issus, ils soutiennent la demande, donc les captures dans la nature. Pour chaque animal qui arrive vivant chez l'acheteur, beaucoup d'autres meurent souvent lors de la capture et du transport. Les espèces à reproduction lente, comme les perroquets, les tortues et les grands serpents, sont particulièrement vulnérables : perdre même une petite partie de la population peut être critique.

Si vous voulez malgré tout un serpent ou un lézard

Les reptiles sont élevés légalement en captivité dans de nombreux pays d'Europe. Si vous rêvez d'un serpent ou d'un lézard, achetez-le à un éleveur fiable qui fournit des documents d'origine et, pour les espèces protégées, d'enregistrement. Préparez à l'avance un terrarium avec la température, la lumière et l'humidité voulues, et trouvez un vétérinaire qui soigne les reptiles. Beaucoup d'espèces vivent des décennies : c'est un engagement sur des années.

Ce qu'il ne faut pas acheter en voyage

  • Les produits en peau de reptile : sacs, ceintures et chaussures sans preuve d'origine.
  • Les coraux, coquillages et hippocampes séchés.
  • Les objets en ivoire et en écaille de tortue.
  • Les insectes séchés : papillons et scarabées encadrés.
  • Les animaux et plantes vivants, des tortues aux orchidées et aux cactus.
  • Les produits de médecine traditionnelle à base d'animaux et de plantes rares.

Comment rapporter légalement un animal de voyage

  1. Renseignez-vous à l'avance auprès de la DDPP et de votre transporteur.
  2. Vérifiez si l'espèce est protégée par la CITES et les règles de l'UE.
  3. Obtenez les documents : certificat vétérinaire et, pour les espèces protégées, permis d'exportation et d'importation.
  4. Préparez le transport : caisse adaptée, température et eau.
  5. Passez le contrôle : ne cachez pas l'animal et déclarez-le en douane.

Chiens et chats : un cas à part

Pour les chiens, les chats et les furets, l'UE a ses propres règles : puce, vaccin antirabique et passeport, et à l'entrée depuis certains pays hors UE, un titrage des anticorps antirabiques. Si vous voulez rapporter un chiot ou un chaton de vacances, surtout hors UE, renseignez-vous à l'avance : sans documents, l'animal peut être refusé, mis en quarantaine ou renvoyé aux frais du propriétaire.

Le risque pour la santé

Les animaux exotiques capturés dans la nature ou achetés sur un marché portent souvent des parasites et des infections. Les reptiles, même en apparence sains, excrètent souvent des salmonelles, les oiseaux peuvent avoir l'ornithose, et les insectes et les plantes peuvent transporter des ravageurs. Le contrôle vétérinaire aux frontières protège donc non seulement les espèces rares, mais aussi l'humain, les animaux de compagnie et l'agriculture. Les familles avec de jeunes enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées et immunodéprimées doivent être particulièrement prudentes : les infections transmises par les reptiles et les oiseaux sont pour elles les plus dangereuses.

Que faire si vous avez déjà acheté un souvenir douteux

Si vous doutez de la possibilité de rapporter un achat, interrogez les douaniers à l'arrivée et déclarez-le au lieu de le cacher. Une déclaration honnête vaut généralement mieux qu'une tentative discrète. Et si vous voyez en voyage des animaux sauvages vivants ou des produits d'espèces protégées à vendre, ne les achetez pas, même par pitié : la demande entretient les captures.

Ce que cela signifie pour l'Europe

Chaque année, les aéroports de l'UE saisissent des milliers d'animaux, de plantes et de produits protégés, et une grande partie sont des souvenirs de vacances. L'exemple de Prague montre que même une espèce qui ne figure pas sur les listes CITES ne peut pas simplement voyager en bagage à main : un animal vivant doit franchir la frontière avec des documents et sous contrôle vétérinaire. Avant de partir, pensez aux règles, et au fait que derrière un « souvenir » se cache souvent la mort d'un animal.

Quand consulter un vétérinaire

Si vous avez légalement rapporté un animal exotique ou si vous en avez acheté un en Europe, montrez-le dès les premiers jours à un vétérinaire qui connaît l'espèce : les animaux récemment transportés portent souvent des parasites et des infections cachées. Consultez d'urgence s'il refuse de manger, est apathique, ou présente des écoulements des yeux ou du nez, des difficultés respiratoires ou des changements de peau. Lavez-vous toujours les mains après un contact avec des reptiles.

Sources

  1. ČT24 (télévision tchèque), 31 octobre 2026
Thème: LoisAnimaux: NAC OiseauxPays: Tchéquie