Sommaire
- Ce qui s'est passé aux Pays-Bas
- Les mesures prises par les autorités
- Pas encore de confinement général
- Danemark : un troisième cas depuis vendredi
- Pourquoi le risque augmente en automne
- Le virus est-il dangereux pour l'homme ?
- Pourquoi le virus est dangereux pour les chats
- Comment protéger votre chat
- Comment protéger les poules du jardin
- Combien de temps durent les zones
- La vaccination : ce que testent les Pays-Bas
- Et maintenant ?
- Quand consulter un vétérinaire
Ce qui s'est passé aux Pays-Bas
Le soir du 26 octobre 2026, le ministère néerlandais de l'Agriculture, de la Pêche, de la Sécurité alimentaire et de la Nature (LVVN) a annoncé que la grippe aviaire avait été confirmée dans un élevage de poules pondeuses du village de Lutjegast (commune de Westerkwartier, province de Groningue). Pour empêcher le virus de se propager, le ministère a décidé d'abattre toutes les volailles de l'élevage, soit environ 45 000 poules. L'opération est menée par l'Autorité néerlandaise de sécurité des aliments et des produits de consommation (NVWA).
C'est le premier foyer dans le pays depuis juillet. Le précédent avait été détecté le 17 juillet dans une petite basse-cour de loisir en Hollande-Méridionale, et aucun nouveau cas n'avait été observé en élevage pendant l'été et le début de l'automne.
Dès le lendemain, le 27 octobre, le virus a été découvert une deuxième fois, dans le village de Middelie (commune d'Edam-Volendam, Hollande-Septentrionale). Il ne s'agit pas d'un élevage commercial mais d'une zorgboerderij, une ferme sociale où des personnes ayant des besoins particuliers travaillent avec des animaux. Les quelque 150 poules qui y vivent sont elles aussi abattues.
Gouvernement néerlandais, Fødevarestyrelsen ; 26–27 octobre 2026
Les mesures prises par les autorités
Une zone réglementée de 10 kilomètres a été mise en place autour des deux sites : une zone de protection de 3 kilomètres de rayon et une zone de surveillance jusqu'à 10 kilomètres. Il n'y a aucun autre élevage de volailles dans un rayon de 1 et 3 kilomètres autour de l'élevage de Lutjegast, et 21 dans la zone de 10 kilomètres. Autour de Middelie, il n'y a aucun autre élevage de volailles.
Une interdiction de transport s'applique immédiatement dans toute la zone de 10 kilomètres. Aucun oiseau, aucun œuf à couver ni œuf de consommation ne peut quitter les lieux où des oiseaux sont détenus. Il est aussi interdit d'évacuer le fumier de volailles et la litière usagée, car le virus y survit longtemps. Les autres animaux et leurs produits peuvent être transportés, mais uniquement selon un protocole d'hygiène strict.
La NVWA retrace tous les contacts des élevages au cours des derniers jours : des volailles, des œufs ou des aliments en sont-ils partis vers d'autres exploitations ? Si des liens à risque sont trouvés, des prélèvements supplémentaires ou le blocage des exploitations en contact suivront.
Pas encore de confinement général
Aux Pays-Bas, la mesure la plus forte contre la grippe aviaire est l'ophokplicht, l'obligation de garder toutes les volailles à l'intérieur. Après le premier foyer, le ministère écrivait qu'il ne donnait « pas encore de raison directe » d'imposer cette obligation. Après le second, le ton a changé : les autorités examinent si des mesures supplémentaires sont nécessaires et ont demandé au groupe d'experts sur les maladies animales (Deskundigengroep Dierziekten) une nouvelle évaluation du risque.
Si vous avez des poules au jardin, c'est le signal pour vous préparer : si l'ophokplicht est instaurée, il faudra rapidement mettre les oiseaux sous un toit ou sous un filet.
Danemark : un troisième cas depuis vendredi
Le 27 octobre, l'autorité vétérinaire et alimentaire danoise Fødevarestyrelsen a signalé un foyer dans une petite basse-cour à Nørre Vedby (commune de Guldborgsund, sur l'île de Falster). Elle comptait 50 poules, 8 oies et 3 paons. Les poules sont tombées malades, plusieurs sont mortes, et le laboratoire du Statens Serum Institut a confirmé l'influenza aviaire hautement pathogène. Les oiseaux restants ont été euthanasiés le jour même, pour leur bien-être et pour éviter que le virus ne se propage.
C'est déjà le troisième cas de grippe aviaire depuis vendredi. Même s'il n'y a que peu d'animaux dans cette basse-cour, la fréquence des infections montre la gravité de la situation et pourquoi il est si important de prendre la biosécurité au sérieux, surtout à cette période de l'année.
Mette Kirkeskov Sie, vétérinaire et cheffe d'unité à Fødevarestyrelsen
Des zones de protection et de surveillance ont été établies autour de la basse-cour. Tous les détenteurs de poules et d'autres oiseaux dans ces zones doivent les déclarer sur le portail national, et les oiseaux vivants, les œufs et les produits de volailles ne peuvent pas être déplacés sans autorisation de l'autorité. Les marchés, expositions et concours de volailles y sont interdits. Plus tôt en octobre, le virus avait déjà été détecté dans deux élevages de dindes au Danemark.
Pourquoi le risque augmente en automne
Ces dernières années, la grippe aviaire se maintient toute l'année dans la faune sauvage en Europe, mais elle progresse à l'automne. Des millions d'oiseaux migrateurs (canards, oies, cygnes, limicoles) rejoignent leurs quartiers d'hiver et font halte sur les lacs, dans les champs et sur les côtes. Les Pays-Bas et le Danemark se trouvent en plein sur ces routes. Le virus est excrété dans les fientes, et les volailles domestiques s'infectent si elles peuvent entrer en contact avec des oiseaux sauvages ou leurs fientes : par l'eau, les aliments, les chaussures ou la litière.
C'est pourquoi les premiers foyers d'automne apparaissent presque toujours dans les pays bordant la mer du Nord et la Baltique. En octobre 2026, la grippe aviaire avait déjà été confirmée dans des élevages en Angleterre, en Allemagne et au Danemark, et désormais aux Pays-Bas.
Le virus est-il dangereux pour l'homme ?
Les autorités des deux pays le soulignent : les humains contractent très rarement la grippe aviaire, en général uniquement après un contact étroit avec des oiseaux malades. Les œufs et la viande du commerce sont sans danger s'ils sont cuits normalement. Mais il ne faut jamais toucher à mains nues des oiseaux malades ou morts, et il faut signaler les oiseaux sauvages trouvés morts : au Danemark via l'application FugleinfluenzaTip, aux Pays-Bas à la NVWA, en France à la mairie ou à l'Office français de la biodiversité.
Pourquoi le virus est dangereux pour les chats
Pour les propriétaires de chats, la grippe aviaire n'est pas qu'une affaire d'élevages. Les chats sont sensibles à la souche actuelle : ils s'infectent en chassant et en mangeant des oiseaux malades ou en consommant de la volaille crue. Chez le chat, la maladie est grave, avec une forte fièvre, de l'abattement, un refus de s'alimenter, des difficultés respiratoires et des signes neurologiques comme des pertes d'équilibre, des convulsions ou une cécité. Les chiens tombent malades beaucoup plus rarement, mais ils ne doivent pas non plus toucher aux oiseaux morts.
Comment protéger votre chat
- Ne donnez pas de volaille crue dans les zones touchées : ni viande, ni abats, ni aliments crus à base de volaille.
- Limitez la chasse. Si votre chat sort, gardez-le de préférence à l'intérieur pendant la saison des foyers ou laissez-le sortir sous surveillance, surtout près de l'eau.
- Ne donnez pas de lait cru ni de produits qui en sont issus.
- Lavez-vous les mains et nettoyez vos chaussures après un contact avec des volailles, avant de caresser votre chat.
- Vous avez remarqué des signes de maladie après un contact de votre chat avec un oiseau ? Appelez tout de suite votre vétérinaire et prévenez-le du contact possible avant la consultation.
Comment protéger les poules du jardin
Les petites basses-cours s'infectent tout comme les grands élevages, le cas danois le montre. Quelques règles simples réduisent le risque :
- Nourrissez et abreuvez vos volailles à l'abri ou sous un filet, pour que les oiseaux sauvages n'accèdent ni à l'aliment ni à l'eau.
- Ne laissez pas les canards et les oies aller sur les mares communes où se reposent les oiseaux d'eau sauvages.
- Gardez des chaussures et des vêtements réservés au poulailler et lavez-vous les mains avant et après.
- Stockez l'aliment et la litière dans des contenants fermés, hors d'atteinte des oiseaux sauvages et des rongeurs.
- N'emmenez pas vos volailles aux expositions et aux marchés dans les zones soumises à restrictions.
- Surveillez la santé de vos oiseaux : mortalité soudaine, abattement, refus de s'alimenter, baisse de ponte, crêtes bleuâtres, têtes gonflées doivent vous faire appeler immédiatement le vétérinaire.
Combien de temps durent les zones
Les zones autour d'un foyer ne sont pas levées tout de suite. Selon les règles générales de l'UE, la zone de protection reste en place au moins trois semaines après le nettoyage et la désinfection de l'élevage infecté, et la zone de surveillance au moins un mois. Pendant ce temps, des vétérinaires visitent les exploitations des zones, examinent les volailles et effectuent des prélèvements. Ce n'est que lorsque les contrôles montrent que le virus ne s'est pas propagé que les restrictions sont levées. Le Danemark le dit exactement ainsi : les zones seront levées quand les enquêtes auront confirmé que l'infection ne s'est pas étendue.
Pour les détenteurs de volailles dans une zone, cela signifie plusieurs semaines sans pouvoir vendre ni déplacer d'oiseaux ou d'œufs, et l'achat de nouvelles poules devra aussi attendre.
La vaccination : ce que testent les Pays-Bas
Les Pays-Bas font partie des pays de l'UE qui se préparent sérieusement à vacciner les poules contre la grippe aviaire. Depuis le printemps 2025, un projet pilote y est mené : des poules pondeuses sont vaccinées dès le stade de poussin au couvoir, puis suivies dans l'élevage. Le gouvernement discute avec la filière d'un plan de vaccination obligatoire des pondeuses, mais il n'a pas encore été adopté. La principale difficulté est commerciale : certains pays importateurs n'acceptent pas les produits de volailles vaccinées, si bien que les œufs du projet pilote ne sont vendus qu'aux Pays-Bas.
Tant que la vaccination n'est pas généralisée, la protection principale reste la même : empêcher le contact entre volailles domestiques et oiseaux sauvages et abattre rapidement dans les élevages infectés.
Et maintenant ?
Les experts néerlandais préparent une nouvelle évaluation du risque, dont dépendra l'instauration d'une obligation générale de mise à l'abri des volailles. Au Danemark, le niveau de menace lié aux oiseaux sauvages est « moyen » ; s'il passe à « élevé », les volailles devront être couvertes et enfermées dans tout le pays. Les deux pays rappellent aux petits détenteurs que les règles de biosécurité valent aussi pour trois poules au jardin, et pas seulement pour les grands élevages. S'il y a des foyers dans votre région, suivez les informations de la préfecture et du ministère de l'Agriculture.
Quand consulter un vétérinaire
Si vos volailles se mettent soudain à mourir ou à tomber malades, appelez votre vétérinaire ou la direction départementale chargée de la protection des populations : c'est une obligation légale dans tous les pays de l'UE. Si votre chat a attrapé ou mangé un oiseau et paraît ensuite abattu, cesse de manger ou a du mal à respirer ou à se déplacer, n'attendez pas : consultez un vétérinaire le jour même.
Sources
- Gouvernement néerlandais (Rijksoverheid), ministère de l'Agriculture LVVN, 26 octobre 2026
- Gouvernement néerlandais (Rijksoverheid), 27 octobre 2026
- Fødevarestyrelsen (autorité vétérinaire et alimentaire danoise), 27 octobre 2026
- Wageningen Bioveterinary Research, liste des foyers, 27 octobre 2026



