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La cruauté animale pour des vues : peine record en Bulgarie pour des tortures filmées et vendues, procédure en France après une vidéo Snapchat, et appel à un plan européen

Le 29 octobre, l'organisation européenne Eurogroup for Animals a annoncé qu'un tribunal de Svichtov, en Bulgarie, avait condamné deux personnes à deux ans et à deux ans et quatre mois de prison pour 81 actes de cruauté envers des animaux, filmés et vendus en ligne. C'est la plus longue peine connue pour ce type de faits dans le pays. Le même jour, en France, la Fondation 30 Millions d'Amis a évoqué une vidéo Snapchat où un jeune homme donne un coup de pied à un animal. Voici comment se mènent ces enquêtes et que faire si vous voyez une telle vidéo.

9 min de lecture
Enfant avec une tablette sur un canapé à côté d'un teckel et d'un jouet
Photo: Freepik
Sommaire
  1. Ce qui s'est passé
  2. L'affaire en Bulgarie
  3. Comment les crimes ont été découverts
  4. Qui est CAAI
  5. Une peine record et une nouvelle loi
  6. La vidéo Snapchat en France
  7. Pourquoi la cruauté passe par internet
  8. Ce que propose Eurogroup for Animals
  9. Que faire si vous voyez une telle vidéo
  10. Comment les associations mènent ces enquêtes
  11. Pourquoi la rapidité compte
  12. Comment signaler une vidéo sur les réseaux sociaux
  13. Comment en parler avec les enfants
  14. Comment les pays sanctionnent
  15. Pourquoi ces jugements comptent
  16. Ce qui compte pour les propriétaires d'animaux
  17. Et maintenant ?

Ce qui s'est passé

Le 29 octobre 2026, deux informations européennes ont rappelé que la cruauté envers les animaux passe de plus en plus par internet.

En Bulgarie, le tribunal de district de Svichtov a condamné deux personnes à de la prison ferme pour cruauté systématique envers des animaux. L'information vient de l'organisation européenne Eurogroup for Animals, dont un membre, l'association bulgare CAAI (Campaigns and Activism for Animals in the Industry), a mis ces crimes au jour.

En France, la Fondation 30 Millions d'Amis a évoqué une vidéo Snapchat où un jeune homme donne un fort coup de pied à un animal. La fondation a alerté la gendarmerie, une procédure a été ouverte et les auteurs ont été identifiés en Dordogne.

Les chiffres clésLa cruauté animale en ligne
81actes de cruautéBulgarie, de 2014 à mai 2024
2 ans 4 moispeine la plus lourde du dossierDetelin Avramov
12 ansmaximum de la nouvelle loi bulgare4 ans auparavant
1vidéo SnapchatFrance, Dordogne

Eurogroup for Animals, 30 Millions d'Amis ; 29 octobre 2026

L'affaire en Bulgarie

Le tribunal de Svichtov a condamné Anita Vachkova à deux ans de prison et Detelin Avramov à deux ans et quatre mois. Les peines ont été prononcées le 20 octobre 2026. Le dossier portait sur 81 actes distincts de cruauté commis de 2014 à mai 2024. Dans certains cas, plus de 20 animaux ont été torturés et tués à la fois : les victimes sont donc bien plus nombreuses que les faits documentés.

Les sévices étaient filmés et diffusés en ligne contre de l'argent. Selon l'enquête, les acheteurs se trouvaient à l'étranger.

En plus de la prison, le tribunal a infligé à chacun une amende d'environ 1 100 euros et l'obligation de verser 3 001,38 euros de frais d'expertise. Ces peines ont été prononcées en première instance et peuvent faire l'objet d'un appel.

Comment les crimes ont été découverts

L'enquête a été menée par l'association bulgare CAAI. Elle a débuté après la découverte par CAAI d'une affaire similaire à Pernik. L'association a passé des mois à recueillir et analyser des informations, à vérifier des pistes et à documenter des preuves, avant de déposer un signalement officiel à la police. En février 2026, les suspects ont été arrêtés lors d'une opération policière coordonnée.

Qui est CAAI

CAAI est une association bulgare de protection animale, dont le nom signifie à peu près « Campagnes et militantisme pour les animaux dans l'industrie ». Elle enquête sur la cruauté envers les animaux dans divers domaines et appartient au réseau européen Eurogroup for Animals, qui réunit des associations des pays de l'UE. Ce sont justement ces associations qui deviennent de plus en plus souvent la « première ligne » face à la cruauté en ligne : la police manque souvent de moyens pour surveiller en permanence ces vidéos.

Une peine record et une nouvelle loi

Selon CAAI, deux ans et quatre mois constituent la plus longue peine de prison ferme prononcée en Bulgarie spécifiquement pour cruauté envers les animaux, parmi les affaires connues de l'association. Le jugement a pourtant été rendu selon l'ancien code pénal, qui prévoyait quatre ans au maximum. Depuis les amendements, les faits les plus graves sont passibles de 12 ans et d'amendes bien plus élevées. Pour CAAI, la peine doit refléter l'ampleur, la durée et l'extrême cruauté de ces crimes.

La vidéo Snapchat en France

Fin octobre, la Fondation 30 Millions d'Amis a reçu un signalement à propos d'une vidéo Snapchat. On y voit un jeune homme donner un fort coup de pied à un animal, comme un footballeur dans un ballon, le projetant un peu plus loin. La séquence montre ensuite l'animal fuyant en criant de douleur. Les images de mauvaise qualité ne permettent pas de distinguer précisément l'espèce, mais il semblerait qu'il s'agisse d'un chien.

La fondation a immédiatement averti la gendarmerie, une procédure a été ouverte et les auteurs ont été identifiés en Dordogne. Elle se constituera partie civile en cas de procès.

Lors de l'audience, nous porterons la voix de cet animal, qui ne peut pas se défendre lui-même. […] Nous espérons une condamnation exemplaire de l'auteur des faits, afin que la justice envoie un signal fort : la cruauté envers un animal n'est ni un jeu ni un acte anodin, mais une infraction punie par la loi.

Me Caroline Lanty, avocate de la Fondation 30 Millions d'Amis

Pourquoi la cruauté passe par internet

Les réseaux sociaux et les plateformes vidéo ont donné une nouvelle vie à la cruauté animale : ces vidéos cumulent les vues, circulent et parfois, comme en Bulgarie, rapportent de l'argent. Les associations y voient un problème à part entière : le crime est commis dans un pays, les spectateurs et les acheteurs sont dans d'autres, et une seule police nationale peine à y faire face.

Ce que propose Eurogroup for Animals

Face au caractère transfrontalier de ces crimes, Eurogroup for Animals appelle l'Union européenne à adopter un plan d'action coordonné contre la cruauté animale en ligne. Selon l'organisation, il devrait comprendre :

  • un meilleur respect de la loi et une coopération entre polices de différents pays ;
  • la responsabilité des plateformes dans la diffusion de ces contenus ;
  • des moyens simples de signaler les vidéos cruelles ;
  • des technologies aidant à repérer ces vidéos ;
  • l'information du public sur le fait que c'est un délit.

Que faire si vous voyez une telle vidéo

  1. Ne transférez pas et ne partagez pas la vidéo : même avec un commentaire indigné, cela accroît sa diffusion.
  2. Conservez le lien, le nom du compte, la date et l'heure : cela aidera les enquêteurs.
  3. Signalez la vidéo sur le réseau social lui-même avec le bouton de signalement.
  4. Prévenez la police ou la gendarmerie ainsi qu'une association de protection animale, comme 30 Millions d'Amis ou la SPA : beaucoup reçoivent les signalements en ligne.
  5. Si vous reconnaissez le lieu ou les personnes, dites-le aux enquêteurs plutôt que de le publier en ligne.

Comment les associations mènent ces enquêtes

L'affaire bulgare montre comment fonctionnent les enquêtes modernes des associations. Des organisations comme CAAI suivent pendant des mois des vidéos en ligne, comparent les lieux de tournage, les voix, les détails de l'environnement, les comptes et les circuits de vente. Elles documentent ensuite les preuves pour pouvoir les remettre à la police et les utiliser au tribunal. Sans ce travail préalable, la police a souvent du mal à ouvrir une procédure : les vidéos sont publiées anonymement sur des plateformes étrangères et disparaissent vite.

Pourquoi la rapidité compte

Dans l'affaire française, la vidéo de Snapchat, réseau où les messages disparaissent par défaut, a pu être conservée et remise à la gendarmerie. Cela a permis d'identifier rapidement les auteurs. Plus la police et les associations sont informées tôt, plus il y a de chances de retrouver les coupables et de sauver l'animal s'il est encore en vie.

Comment signaler une vidéo sur les réseaux sociaux

Presque toutes les grandes plateformes ont une catégorie de signalement pour la maltraitance animale ou la violence. Touchez les trois points ou le drapeau à côté de la publication, choisissez « violence » ou « maltraitance animale » et envoyez le signalement. Si la vidéo vous est arrivée en message privé, signalez le message et le compte de l'expéditeur. Ne supprimez pas la conversation avant d'avoir conservé le lien et une capture d'écran : la police peut en avoir besoin. Si la plateforme ne réagit pas, prévenez la police et une association : elles ont plus de moyens d'obtenir le retrait et de retrouver l'auteur.

Comment en parler avec les enfants

Les enfants et les adolescents tombent assez souvent sur des vidéos cruelles sur les réseaux sociaux. Les psychologues conseillent de ne pas faire comme si de rien n'était : demandez ce que l'enfant a vu, expliquez que c'est un délit et que les animaux souffrent, et montrez comment signaler une vidéo. Il est important que l'enfant sache qu'il peut en parler aux adultes et qu'il ne sera pas puni pour l'avoir vue.

Comment les pays sanctionnent

Dans la plupart des pays européens, la cruauté envers les animaux est une infraction pénale, mais les peines et les pratiques varient beaucoup. La Bulgarie a porté la peine maximale à 12 ans après ses amendements. En France aussi, ces actes sont punis pénalement et la loi a été durcie ces dernières années. En pratique, les tribunaux s'en tiennent souvent à des amendes et à du sursis, ce qui explique que les associations suivent de près chaque affaire marquante.

Pourquoi ces jugements comptent

Vétérinaires et psychologues soulignent depuis longtemps le lien entre la cruauté envers les animaux et la violence envers les humains. Les jugements et enquêtes marquants ne comptent donc pas que pour la protection animale : ils montrent à la société que ces actes ne restent pas impunis. La prison ferme en Bulgarie et l'identification rapide des auteurs de la vidéo en France sont précisément de tels signaux.

Ce qui compte pour les propriétaires d'animaux

La plupart des propriétaires ne seront jamais confrontés à de telles situations. Mais si vous remarquez que l'animal d'un voisin est sans cesse blessé, amaigri ou apeuré, c'est une raison d'alerter la DDPP ou une association de protection animale. Si votre animal a été blessé par les actes d'autrui, montrez-le aussitôt à un vétérinaire et conservez son certificat et les photos des blessures : ils serviront pour votre plainte.

Et maintenant ?

Les condamnations bulgares peuvent faire l'objet d'un appel, et l'affaire française n'est pas encore arrivée devant un tribunal. Eurogroup for Animals continuera de réclamer à la Commission européenne un plan contre la cruauté en ligne. Le sujet sera sans doute examiné avec d'autres initiatives de l'UE sur la protection animale.

Sources

  1. Eurogroup for Animals, 29 octobre 2026
  2. Fondation 30 Millions d'Amis, 29 octobre 2026
Thème: LoisAnimaux: Chiens ChatsPays: UE