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Passer à une alimentation maison (« naturelle ») sans nuire à son animal

La vérité sur le « naturel »

  • Rien ne prouve qu’une ration maison soit en soi meilleure qu’un aliment complet. Les deux conviennent si la ration est équilibrée.
  • Les études sur les recettes publiées dans les livres et sur internet montrent que presque toutes manquent d’au moins un nutriment essentiel – le plus souvent le calcium, la vitamine D, le zinc, la choline et, pour le chat, la taurine.

Les conditions indispensables

  1. La ration est calculée par un vétérinaire nutritionniste pour votre animal : poids, âge, activité, maladies.
  2. Une source de calcium est obligatoire. La viande est riche en phosphore et pauvre en calcium. Une ration de viande sans calcium entraîne une hyperparathyroïdie secondaire : les os deviennent fragiles et se déforment chez le jeune. Inutile d’ajouter du phosphore : la viande en contient déjà beaucoup.
  3. Un complément minéral et vitaminé (CMV) adapté à la recette. Les vitamines A et D uniquement à la dose exacte contenue dans ce complément, jamais « au jugé » : leur excès est toxique.
  4. Pour le chat : taurine, vitamine A préformée et acide arachidonique. Une ration végétarienne est inacceptable pour un chat.
  5. Pesez les ingrédients et ne modifiez pas la recette de vous-même. Remplacer le poulet par du bœuf ou le riz par du sarrasin change la composition de la ration.

Comment faire la transition

  • Progressivement, sur 7 à 10 jours : augmentez chaque jour un peu la part du nouvel aliment et diminuez l’ancien.
  • Les chats refusent souvent un aliment inconnu. Ne laissez jamais un chat jeûner « jusqu’à ce qu’il s’habitue » : plus de 2 à 3 jours sans manger exposent à la lipidose hépatique.
  • Surveillez les selles et l’appétit, pesez votre animal chaque semaine le premier mois.

La viande crue (BARF)

  • La viande crue peut contenir des salmonelles, des listérias, des E. coli et des campylobacters. Ils sont dangereux pour l’animal mais aussi pour les personnes du foyer, surtout les enfants, les personnes âgées et les femmes enceintes.
  • Des parasites sont possibles ; les os peuvent blesser la bouche et l’intestin ou provoquer une occlusion.
  • Aucun bénéfice de l’alimentation crue n’est démontré. Si vous la choisissez quand même : hygiène stricte de la cuisine et des mains, matières premières congelées, ration calculée par un vétérinaire nutritionniste.

Aliments dangereux

Oignon, ail, raisin et raisins secs, chocolat, xylitol, os cuits, noix de macadamia, alcool, beaucoup de sel et d’épices.

Suivi

Examen et prise de sang 1 à 2 mois après la transition, puis tous les 6 à 12 mois ; contrôle régulier du poids et de l’état corporel.

Quand consulter ?

  • vomissements ou diarrhée plus de 24 heures ;
  • un chat qui ne mange plus depuis plus de 24 heures ;
  • boiterie ou douleur des pattes chez un jeune animal ;
  • perte de poids, poil terne, peau qui pèle.

Sources

  • Stockman J. et al. Evaluation of recipes of home-prepared maintenance diets for dogs. JAVMA, 2013.
  • Wilson S. A. et al. Evaluation of the nutritional adequacy of recipes for home-prepared maintenance diets for cats. JAVMA, 2019.
  • Freeman L. M. et al. Current knowledge about the risks and benefits of raw meat-based diets for dogs and cats. JAVMA, 2013.
  • WSAVA Global Nutrition Guidelines.
  • National Research Council. Nutrient Requirements of Dogs and Cats, 2006.
La rédaction de Vetify
Alimentation et régime