« Superaliment » est un mot de marketing, pas un terme scientifique. Un chien ou un chat en bonne santé nourri avec un aliment complet (industriel ou ration calculée par un vétérinaire nutritionniste) n’a pas besoin d’aliments supplémentaires « pour l’immunité ». Certains peuvent être donnés en friandise, d’autres sont dangereux.
Règle essentielle : friandises et compléments réunis ne doivent pas dépasser 10 % des calories quotidiennes, sinon l’équilibre nutritionnel est rompu.
Ce qui a un intérêt démontré
L’huile de poisson (oméga-3 EPA et DHA)
C’est le mieux étudié de tous les « superaliments ». Elle est utilisée dans la dermatite atopique, l’arthrose, la maladie rénale chronique et certaines maladies cardiaques. Le vétérinaire calcule la dose selon la teneur en EPA + DHA, pas « à la cuillère » : l’excès provoque de la diarrhée, et la prudence s’impose en cas de troubles de la coagulation.
La courge ou le potiron (cuits, sans sucre ni épices)
Source de fibres, ils aident parfois en cas de selles molles ou de constipation. Ce n’est pas un médicament : si la diarrhée dure plus de 24 heures ou contient du sang, consultez.
En friandise, mais sans miracle
- Myrtilles – sans danger en petite quantité. Rien ne prouve qu’elles « améliorent la mémoire » ou « renforcent l’immunité » du chien ou du chat.
- Carotte, pomme sans pépins, brocoli – friandises peu caloriques pour le chien. Le chat n’a presque pas besoin d’aliments végétaux.
Mythe : les oméga-3 végétaux
Graines et huile de lin, chia contiennent des oméga-3 végétaux (ALA). Le chien les transforme mal en EPA et DHA, le chat pratiquement pas. Ils ne remplacent pas l’huile de poisson.
Ce qui peut nuire
- Huile de coco – très grasse : prise de poids et, chez les chiens prédisposés, pancréatite. Aucune preuve d’effet sur l’immunité.
- Algues, varech – excès d’iode, troubles de la thyroïde.
- Curcuma, gingembre en grande quantité – troubles digestifs ; le curcuma agit sur la coagulation et interagit avec les médicaments.
- Spiruline et compléments « détox » – la « détox » n’existe pas chez un animal en bonne santé ; la qualité des compléments n’est pas contrôlée.
- Raisin, raisins secs, oignon, ail, avocat, chocolat, xylitol – toxiques, à ne jamais donner sous aucune forme.
Comment introduire un nouvel aliment
- Demandez d’abord l’avis du vétérinaire, surtout si votre animal a une maladie des reins, du foie ou du pancréas, une allergie ou un surpoids.
- Donnez-en peu, un aliment à la fois, et observez pendant 3 à 5 jours.
- Vomissements, diarrhée, démangeaisons : arrêtez et consultez.
Quand consulter en urgence ?
- Votre animal a mangé du raisin, des raisins secs, de l’oignon, de l’ail, du chocolat ou un chewing-gum au xylitol – même s’il semble aller bien. Un centre antipoison vétérinaire (CAPAE-Ouest, CNITV) peut vous conseiller.
- Vomissements, abattement, refus de manger après un nouvel aliment.
Sources
- WSAVA Global Nutrition Guidelines.
- Bauer J. E. Therapeutic use of fish oils in companion animals. JAVMA, 2011.
- ASPCA Animal Poison Control : liste des aliments toxiques.
La rédaction de Vetify